L’art et le commerce aux antipodes ?

IMG_1652Le week-end dernier, se déroulait, comme chaque année au sein de ma commune, le parcours d’artistes. Cette manifestation permet à des artistes de faire découvrir leurs créations et leurs talents, dans différents lieux, que ce soient des bâtiments communaux, des commerces, voir même des particuliers.

Cette année, le magasin de l’association où je suis administrateur, magasin de vêtements de seconde main et employant des gens en insertion socio-professionnelle, s’est associé à l’évènement en accueillant un artiste au sein de ses locaux. A cette occasion, le magasin fût ouvert durant tout le week-end. Outre le fait de découvrir et d’admirer les talents de l’artiste, ce fut l’occasion aussi pour les visiteurs de découvrir le magasin, et de prendre connaissance du projet d’insertion socio-professionnelle développé au sein de l’association. Ce fut au fond l’occasion pour le magasin d’accueillir de potentiels nouveaux clients.  Si quand bien même, dans un monde en perpétuelle évolution, il faut toujours faire preuve de plus de créativité et d’innovation pour développer son activité, et ce, afin de se différencier de la concurrence en proposant quelque chose de différent. A cet effet,  de nouveaux concepts originaux voient le jour, mais cette combinaison de l’art et du commerce n’est pas une chose qui vient naturellement à l’esprit.

De prime à bord,  ces deux choses ne semblent en rien être liées  l’une avec l’autre, et cette considération découle fort probablement de cette segmentation des choses au sein de notre société qui a contribué  à formater notre manière de penser, cette manière de penser qui est le reflet de notre société où l’on discerne ce qui est « utile » et ce qui ne l’est pas. Qu’entend-on par utile ? Entre autre, ce qui est utile économiquement et ce qui est secondaire, voir inutile ou sans intérêt.

Cette considération de l’utile et l’inutile trouve son expression dans pas mal de facettes de notre société, et une matière telles que l’enseignement n’échappe pas à la règle. On entend fréquemment certains mandataires politiques, de même que des représentants du monde économique,  énoncer le fait qu’il faut développer les filières d’enseignement porteuses d’emploi. Si cette évocation a sa part de légitimité en soi, elle me semble néanmoins insuffisante et relever malgré tout d’une vision à court terme. Dans un environnement économique qui se transforme de plus en plus vite, bien visionnaire est celui qui est capable de prédire ce que sera le monde du travail dans cinq voir dix ans, tant celui-ci évolue de plus en plus vite. Dans ce contexte changeant, où il faut pouvoir se remettre en question de façon régulière, le fait d’être spécialisé dans un domaine bien précis peut mener à une voie sans issue. Lorsque l’on analyse, par exemple, l’évolution exponentielle des technologies de l’information et de la communication, nul doute que la formation dans ce domaine et dans d’autres revêt d’un caractère permanent. Il y a lieu de s’ouvrir au chose, d’apprendre l’utile, et peut-être aussi l’inutile, l’inutile pas si inutile que cela, comme nous le verrons par la suite.

Ceci dit, derrière l’apprentissage, il y a le besoin de passion, passion qui engendre la motivation. Et c’est bien ce qui devrait la raison première dans le choix des études. Faire d’abord ce dont on est convaincu, histoire de convaincre les autres par la suite.  Vous aurez certainement plus de chance de briller dans ce que vous aurez choisi librement, qu’en choisissant de faire des études fonction de certaines contraintes et non pas d’un objectif, à savoir la réalisation de soi. Très bien me direz-vous, mais la passion trouve-t-elle toujours un débouché ? Peut-être pas directement, ou bien parfois de façon inattendue.

Pas mal d’entre nous ont pu croiser des gens dont la vie professionnelle n’avait aucun lien avec les études qu’ils avaient entreprises. Certains d’entre eux ont même créé leur propre job, en créant, en innovant, en repoussant leurs propres limites, mus par cette force qu’est la passion, en développant leur capacité à penser autrement et en ayant une autre perception des choses, et en percevant les opportunités qu’offre l’évolution des choses. D’autres ont réalisé un parcours improbable de par leur audace et parce qu’ils se sont donnés les moyens de réaliser leurs rêves.

Et l’art dans tout cela ? L’art n’est-il pas un moyen d’exprimer non seulement un talent, mais également un moyen de développer notre capacité d’imagination et de créativité, cette imagination et cette créativité dont nous aurons de plus en plus besoin pour inventer le monde de demain ? Mais est-ce vraiment utile ? A cette question, je ne manquerais d’évoquer Steve Jobs, le fondateur d’Apple, qui, dans lors de son célèbre discours prononcé devant des étudiants de l’université de Stanford, évoquait que vous ne pouvez jamais savoir à l’avance ce à quoi les choses pourront vous servir, mais que ce sera seulement après les avoir utilisées, souvent de façon inattendue. Il évoquait cela  en parlant des cours de calligraphie qu’il suivit comme élève libre, et grâce auxquels il élabora les polices de caractères, intégrés dans l’interface graphique des Macintosh.  C’est là que l’on mesure mieux la contribution de l’art dans le développement personnel. L’art de l’écriture, par exemple, contribue autant à développer la capacité d’imagination de l’écrivain que celle de ses lecteurs. Tant la lecture, que la peinture, la photographie, nourrissent notre patrimoine culturel que notre propre base de connaissance, avec laquelle nous pourrons développer de nouvelles idées, qui nous procureront de l’épanouissement, et qui pourront, pourquoi pas, mener à développer un projet professionnel.

Et donc, l’art et le commerce sont-ils aux antipodes, ou bien sont-ils au service l’un de l’autre ? Là n’est pas la question, tant le sujet est beaucoup plus vaste que cela,  et la question posée n’est finalement qu’un prétexte pour entamer une réflexion beaucoup plus vaste.  Les choses peuvent se nourrir l’une et l’autre pour autant que nous ayons la capacité de les transposer dans un autre contexte. C’est en ayant une autre perception des choses et en combinant des choses qui semblent à première vue ne pas avoir de liens entre elles, que l’on enclenche des processus innovants, eux-mêmes riches d’enseignement. La curiosité, le développement de ces capacités, sont des éléments essentiels pour évoluer dans le monde d’aujourd’hui, et plein de choses peuvent contribuer à développer ces processus, tant les choses utiles que celles jugées inutiles par certains. Nos capacités et nos connaissances s’apparentent à nos briques de lego avec lesquelles nous jouions étant enfant, tant en les utilisant pour développer notre capacité d’imagination qu’en augmentant leur nombre pour s’offrir plus de possibilités.

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MolenGeek S2E3 – La mobilité pour tous à Bruxelles

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Vous l’aurez remarqué, circuler à Bruxelles est de plus en plus compliqué. Entre les bouchons, les travaux, les tunnels fermés et la pluie, se déplacer à Bruxelles relève du parcours du combattant et c’est encore plus compliqué pour les personnes à mobilité réduite.

MolenGeek a décidé de réagir et propose un événement les 16, 17 et 18 septembre 2016 sur le thème : « La mobilité pour tous à Bruxelles ».

Le temps d’un week-end, MolenGeek souhaite trouver des solutions pour toutes celles et ceux qui sont impactés par la mobilité à Bruxelles et également répondre à des défis concrets pour les personnes à mobilité réduite.

Venez tester et valider votre idée business ou contribuez à l’amélioration de la mobilité pour les personnes à mobilité réduite en créant des solutions tech !

Ouvert à tous les profils tels que développeurs, business, marketeurs, designers, étudiants ou encore citoyens, les projets seront soumis à la fin du week-end aux votes d’un jury composé d’experts.

La mobilité concerne tout le monde, bruxellois, navetteurs, piétons, personnes à mobilité réduite ou encore cyclistes. Venez le temps d’un week-end nous aider à relever des défis concrets et à améliorer la mobilité à Bruxelles pour tous.

http://www.molengeek.com

Pour vous inscrire, cliquez sur le lien suivant:

https://www.eventbrite.fr/e/billets-molengeek-s2e3-la-mobilite-pour-tous-a-bruxelles-27029700562

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Pourquoi faut-il éviter de baisser son prix?

négociation prixRécemment, je lisais une discussion sur le réseau LinkedIn à propos de la concurrence entre prestataires freelance et les effets indésirables que ce mécanisme peut engendrer.  Lorsque la concurrence sur un marché donné est forte, un mouvement de baisse des prix est souvent inéluctable. La baisse des prix n’est pas toujours nécessairement une bonne chose sur le moyen et long terme. Il y a un lien à faire entre le prix des choses et le pouvoir d’achat, et la réduction du premier a pour effet de dégrader le second, pour ce qui est du prestataire.

Ceci étant, ne jamais baisser son prix, est-ce toujours faisable? Plus facile à dire qu’à faire me direz-vous, surtout durant les périodes de baisses conjoncturelles.  Et lorsqu’un marché est saturé, il est difficile voire impossible de maintenir un prix. A cette problématique, il y a deux questions à se poser. D’une part, pourquoi ne pas baisser son prix, et comment faire pour ne pas arriver à devoir le faire.

  • La spirale négative: brader les prix a pour conséquences d’accroître l’effet de concurrence et à moyen terme de casser un marché. Une baisse exagérée du prix finit par se traduire par une non-rentabilité, ce qui est, à terme, préjudiciable tant pour le prestataire que pour le client. En effet, dans un marché cassé, les ressources de qualité disparaissent et le client a toutes les peines du monde à trouver les services dont il a besoin.
  • La réputation de bradeur: à l’heure des nouvelles technologies et du réseau, l’information circule vite, et surtout celle que vous êtes connu comme quelqu’un qui travaille à bon marché. On vous collera vite une réputation, et par la suite, il sera difficile de vous vendre à un prix plus élevé. De plus, cela peut amener à des situations qui ne sont pas toujours celles que l’on croit : le client vous engage au rabais pour un travail bien en deça de vos compétences, ou bien il ne vous engage pas parce que, bien décidé à payer le prix nécessaire, il juge que la faiblesse de votre prix correspond au niveau de qualité de service que vous offrez.

L’autre question fondamentale, c’est de savoir comment créer les conditions pour que vous n’ayez pas à casser les prix.

  • La valeur que vous offrez: Il est essentiel de mettre en évidence les compétences que vous pouvez offrir, et de ne pas seulement en évoquer le prix, mais aussi la création de valeur que vous apportez. Le prix et la valeur d’un service sont deux choses bien distinctes.  Sachez correctement évaluer ce dont vous êtes capables, afin de ne pas vous sous-valoriser ni vous sur-valoriser.  Si un client n’accepte pas de payer le prix demandé, c’est peut-être parce qu’il ne recherche pas vraiment le service que vous proposez.
  • Le marché auquel vous vous adressez: Ce qui est rare est cher, et le service que vous offrez vous permet de vous différencier de vos concurrents. Ceci étant, le prix d’une chose ou d’un service, c’est le prix qu’un client est prêt à payer pour l’acquérir. Il est donc essentiel de savoir à qui vous proposez votre service, à déterminer votre marché cible. Une PME ne pourra pas nécessairement payer le même prix qu’une multinationale pour un même service, et ce pour une série de raisons. Soyez conscient qu’il y a toujours une proportionnalité entre les choses, entre la taille de l’entreprise, le besoin d’un service, la complexité de celui-ci, le prix accepté, etc. Pour résumer la chose, en tant que consultant informatique, vous ne ferez pas fortune avec l’épicier du coin.
  • Le réseau des complémentarités: Il est important de faire la distinction entre les concurrents et les partenaires. Dans des domaines comme, par exemple,  les nouvelles technologies et la finance, le champ des expertises est vaste, et bien rares sont ceux qui peuvent réunir celles-ci. Il n’est donc pas toujours pertinent de voir les autres comme des concurrents mais bien comme des partenaires aux compétences complémentaires. Il est intéressant voir même utile de pouvoir bâtir des réseaux de profils complémentaires, et de s’échanger des informations sur les éventuelles opportunités à pourvoir. Le réseau a le double avantage de pouvoir être utile à ses membres, mais également de rendre service aux éventuels clients de chacun. Le réseau, c’est également la capacité à mettre des personnes en contact. Et sachez que ce service de mise en relation pourrait vous occasionner des retours d’ascenseur.
  • L’évolution des compétences.  Dans un environnement en perpétuel mouvement, les compétences sont également touchées par l’obsolescence. Celles-ci doivent évoluer au même rythme que l’évolution du marché. Se former relève à l’heure actuelle d’un processus permanent. Ciblez également les compétences latérales, les compétences complémentaires à vos compétences de base, qui feront que vous pourrez apporter plus de valeur ajoutée à vos clients. Les compétences constitueront autant d’atouts qui vous permettrons de justifier la valeur du service que vous offrez au client pour le prix demandé.
  • L’attitude et la réputation. C’est probablement le point le plus important qui fera pencher la balance en votre faveur. Plus que les compétences qui peuvent s’acquérir, la confiance est un élément clef qui contribue au succès d’une relation commerciale ou autre. Le fait de vouloir travailler avec les autres,  de faire preuve d’intégrité, le respect de l’engagement pris, constituent  un gage de succès auprès de vos clients et partenaires. On dit qu’il faut des années pour bâtir une réputation, et seulement quelques minutes pour la détruire. C’est d’autant plus vrai aujourd’hui, à l’ère d’internet et des réseaux sociaux.

Toutes ces conditions réunies vous permettront-elles de pouvoir toujours exiger le prix demandé ? Comme évoqué précédemment, l’état du marché sera déterminant. Pour peu que le différentiel entre l’offre et la demande ne soit trop important, le challenge sera d’autant plus difficile. Ceci étant, il n’est pas rare non plus de voir aussi quelques paradoxes pour ce qui est du prix et de la valeur des choses. Le prix accordé aux choses est fonction de la valeur qu’on lui attribue, et cette valeur repose parfois sur des éléments subjectifs.  Un entrepreneur actif dans le secteur des loisirs m’expliquait un jour qu’il avait augmenté ses prix et qu’il avait vu le nombre de réservation de ses clients augmenter. Un de ses clients lui confia que lorsqu’il affichait un prix moins élevé, ce dernier avait des doutes quant à la qualité du service proposé.

Ceci nous amène finalement à évoquer différentes qualités, différents réflexes que tout entrepreneur doit avoir. Il doit savoir ce que veut exactement son client, et voir s’il peut répondre à cette demande. Il doit également percevoir les évolutions de son marché, et pouvoir pivoter à temps, si ce marché s’avère déclinant voir inexistant à terme.  Pour cela, il est essentiel de percevoir les signaux envoyés par les différents acteurs, de rester informé, et l’importance du réseau n’est plus à démontrer à ce niveau-là. Le tout est finalement une question d’anticipation. Il faut pouvoir proposer quelque chose de nouveau, d’innovant, de différent, de dire également pourquoi on le propose. On dit que ce qui est rare est cher, et donc la rareté de toute innovation vous permettra sans doute d’avoir l’avantage. Oliviero Tuscani, le photographe controversé du groupe Benetton ne dit pas autre chose : « Il ne s’agit pas d’être le meilleur, il faut être unique ».

 

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Entreprendre et créer par le jeu

IMG_0034.JPGCe samedi 13 août, l’association Girleek, à l’initiative de sa fondatrice Julie Foulon, organisait un event créatif, le LittleBits Olympic Challenge, dans les locaux de Molengeek. Le but de cet événement, qui se déroulait également dans d’autres lieux à travers le monde,  était de créer des objets animés sur le thème des Jeux Olympiques de Rio. Pour faire simple, divers matériaux de bricolage, quelques composants électroniques, une bonne dose d’imagination et de créativité, et surtout de la bonne humeur. Une première du genre en ce qui concerne votre serviteur. Bien que bricoleur à mes heures, je me posais la question de savoir ce que je serais en mesure de faire, n’ayant jamais assemblé quelque composant électronique que ce soit.

Cet après-midi qui de prime abord se présentait comme quelque chose de ludique, fut intéressante à plus d’un titre, permettant de découvrir pas mal de choses capables de susciter des vocations pour les futurs entrepreneurs.

  • Essayer quelque chose de nouveau : Il s’agissait pour moi d’une première approche avec l’assemblage de composants électroniques, chacun d’eux ayant une fonction bien spécifique. Avec quelques souvenirs du cours de physique concernant les circuits électroniques et quelques explications données, aboutir à l’objectif requis ne fût pas très difficile. Les barrières que l’on rencontre sont bien souvent celles que l’on se met soi-même.
  • Définir l’objectif du projet : Ayant reçu les directives relatives à l’objet à réaliser, et ayant donc défini un objectif, il ne reste plus qu’à rassembler les éléments nécessaires, ainsi qu’à élaborer la stratégie permettant de réaliser cet objectif.
  • Aller à l’essentiel : Face à une contrainte de temps, il faut d’abord aller à l’essentiel afin de réaliser l’objectif, et donc élaborer un objet, un produit sous forme de prototype. Le but est de voir que l’objet est fonctionnel et qu’il réponde bien à l’objectif défini. Dans le cas ici présent,  il s’agissait d’élaborer un petit jeu de hockey, avec une palette montée sur un petit rotor. Cette palette devait envoyer la balle dans un goal, muni d’un capteur de lumière. Dès que la balle avait franchi le goal, le capteur de lumière enclenchait la rotation d’un petit panneau fixé sur un rotor, panneau sur lequel était inscrit le mot « Goal ».  Ici, l’essentiel consiste à s’assurer que les branchements entre les composants électroniques sont correctement faits, et que la palette et le goal sont correctement disposés.  Quant à l’aspect esthétique, il est secondaire dans un premier temps.
  • Une mise en pratique du principe d’effectuation : pour arriver à l’objectif, il n’y a pas de plan précis. On essaie un certain nombre de choses, et l’on voit le résultat. Lorsque cela ne fonctionne pas, ou que le résultat est peu satisfaisant, on cherche d’autres solutions, jusqu’à ce que le résultat désiré soit atteint. On procède par étape, quitte à devoir revenir au point de départ.
  • On ne travaille jamais seul : C’est bien connu, il y a plus dans plusieurs têtes que dans une seule, et ce que l’on ne sait pas faire soi-même, on peut toujours le faire faire par quelqu’un d’autre, et de ce fait, apprendre de l’autre. Le savoir et l’expérience sont des choses qui s’accroissent lorsqu’on les partage. Dans un projet, la complémentarité des compétences et des savoir-faire est un des facteurs clé de réussite.
  • Repousser ses limites : Quelle que soit la hauteur de l’enjeu, essayer quelque chose de nouveau et maîtriser de nouvelles connaissances est toujours quelque chose de valorisant. Cela peut consister en des choses relativement simples, mais l’addition de celles-ci contribue à élargir son champ d’opportunités, et également à bâtir la confiance en soi. Et la confiance en soi, il en faut une bonne dose lorsqu’on se lance dans l’aventure entrepreneuriale.

IMG_0040.JPGJe pourrais encore évoquer bien des choses que cet événement créatif a apporté. Mis à part le côté entrepreneurial de la chose, c’est tout l’aspect créativité et curiosité qu’il est important de souligner. Parmi les participants, il y avait quelques enfants, qui sont à l’âge où les encourager à être curieux et créatifs constituent pour eux un bon départ dans la vie. Des qualités qui ne peuvent se développer que lorsqu’on est dans l’action et non dans la passivité. Dans une société ou le savoir-faire prendra de plus en plus d’importance, ou certains seront amenés à devoir créer quelque chose par eux-mêmes, la curiosité,   la créativité, la capacité à vaincre des difficultés seront  des choses essentielles. Il ne s’agit pas seulement de développer des capacités entrepreneuriales, mais d’avoir aussi et surtout l’esprit entreprenant.  C’est dans l’action que chacun peut trouver l’équilibre, l’estime de soi et la réalisation de soi.  C’est aussi une façon de pouvoir réaliser un travail dans le sens noble du terme, à savoir quelque chose qui enrichit intellectuellement et qui permet de se voir évoluer, et non d’occuper un simple emploi.

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Un hackathon pour créer et rassembler

IMG_1135Ce dernier week-end d’avril était marqué par l’organisation d’un hackathon, initié par MolenGeek, une initiative créée par des entrepreneurs, visant qui à promouvoir l’entrepreneuriat auprès des jeunes de la commune de Molenbeek. Le thème de ce hackathon fut lancé suite aux événements dramatiques survenu à Bruxelles le 22 mars dernier. En collaboration avec le SIAMU, le Service d’Incendie et d’Aide Médicale Urgente de la Région de Bruxelles-Capitale, le défi consistait à développer des applications permettant d’optimaliser l’organisation des secours en cas d’urgence. En effet, comme l’expliquait le capitaine Evrard du SIAMU, lors de la séance de présentation des défis à relever, les événements du 22 mars ont mis en lumière un certain nombre de problèmes dans l’organisation des services de secours dans ce type de circonstances exceptionnelles. L’idée est donc de pouvoir développer des outils permettant d’accroître l’efficacité des secours, challenge à relever endéans 48 heures, au terme desquelles les différentes équipes présentent un prototype d’application pour smartphone.

Amateur de technologie, mais pas informaticien, je pris néanmoins part à cet événement. Je ne savais pas trop si je serais d’une utilité quelconque, mais je voyais une occasion d’apprendre quelque chose, de voir comment la conception d’une application prend forme, comment l’on relève ce genre de défit, autrement dit, prendre un bon bain de créativité. Comme dirait Richard Branson, “Si on vous propose une opportunité extraordinaire et que vous n’êtes pas certains de pouvoir le faire, acceptez, puis apprenez à le faire plus tard”.   Une autre raison qui me motivait à participer à cet événement était le côté humain, la possibilité de nouer des contacts. Et c’est sans aucun doute un des éléments les plus importants qui contribue au succès d’un projet. Car si la commune de Molenbeek fut montrée du doigt de par les tragiques événements perpétrés par quelques-uns de ses habitants, il faut pouvoir mettre en évidence qu’il s’y passe aussi des choses positives. Comme le soulignait la secrétaire d’Etat à la Région Bruxelloise, Cécile Jodogne, ce genre d’initiative est une preuve que l’on peut construire ensemble, toutes communautés confondues,  des solutions qui contribuent au bien-être de tous, et qui constituent une véritable réponse à la haine.

J’ai donc intégré une IMG_1147petite équipe de 6 personnes rassemblées autour d’un des défis proposés,
à savoir la création d’une interface pour smartphone, permettant d’interagir avec les réseaux sociaux, pour permettre aux services de secours de collecter de l’information sur un incident, et ce afin d’optimiser l’efficacité de l’intervention des services d’urgence. Une première phase de discussion et de brainstorming fut entamée pour dessiner les contours de l’application, et d’envisager les différents cas de figures. Etant le seul membre de l’équipe à ne pas être développeur, je fus encouragé à émettre des avis, du fait que n’étant pas développeur, je pouvais percevoir les différentes problématiques sous un autre angle. Lorsque le cadre fut fixé, je fus invité à écrire le contenu des quelques pages de menus de l’application, ainsi que pour la présentation finale. Un exercice que je n’ai pas l’habitude de faire, mais qui constitue une expérience enrichissante lorsque l’on reçoit le feedback des membres de l’équipe du projet.

Outre la satisfaction de voir les différents projets récompensés par le jury, cette expérience fut intéressante et révélatrice de plusieurs choses que l’on ne soulignera jamais assez, qui vont à l’encontre des préjugés et des idées toutes faites. Tout d’abord, il fallait souligner la dimension multi-générationnelle, votre serviteur étant le senior de l’équipe, mais aussi la dimension multiculturelle de l’équipe. Ceci n’empêcha pas de faire un travail d’équipe, d’échanger des idées, des connaissances, d’émettre des avis ou des appréciations sur le travail réalisé. Tout ceci met en lumière que ce qui fait la réussite d’un projet quel qu’il soit, ce sont les relations humaines, basées sur l’ouverture, le partage, l’esprit d’équipe, mais c’est surtout aussi une question de passion. Tout ceci contribue à renforcer la confiance, la confiance en soi d’une part, et la confiance vis-à-vis des autres. Face aux problèmes d’exclusion qui induisent le désespoir et parfois la haine, il faut opposer le construire-ensemble et le dépassement de soi, et prendre conscience qu’il n’y a pas de fatalité. C’est le pari que les initiateurs de MolenGeek ont voulu relever, et cette initiative a de beaux jours devant elle, au vu de l’intérêt croissant qu’elle suscite tant au niveau des authorités politiques qu’au niveau des différents sponsors, tels que Google et Microsoft Innovation Center qui la soutiennent.  lIsaac Newton évoquait déjà la chose en disant que « Les hommes bâtissent trop de murs, pas assez de ponts ».

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Un nouveau départ

Loïck Peyron, 54 ans, l'âge du talent et de l'expérience

Loïck Peyron, 54 ans, l’âge du talent et de l’expérience

Début de semaine, Loïck Peyron, navigateur au parcours prestigieux gagnait la Route du Rhum. La presse et les médias ont salué la prestation d’un homme expérimenté et passionné.  Un de mes contacts sur les réseaux sociaux partageait un billet paru sur le site de Ouest France, billet qui s’adresse aux directeurs de ressources humaines.  Ce billet fait allusion au paradoxe de certains DRH se réjouissant des exploits de Loïck Peyron, 54 ans,  louant son engagement et les capacités qui lui ont permis de gagner ce challenge, et d’autre part le fait que ces mêmes DRH écartent les CV de candidats talentueux pour la seule raison qu’ils ont plus de 45 ans.

A l’heure où certains gouvernements européens ont haussé l’âge légale de la mise à la retraite, il n’est pas rare d’entendre des gens évoquer les propositions de leur entreprise de les mettre à la retraite anticipativement. Bien souvent, ce genre de décision est mu par des questions de coût. J’évoquais dans une discussion sur les réseaux sociaux, relative au billet auquel j’ai fait allusion, le fait que l’âge est trop souvent perçu comme un élément négatif, ceci en faisant abstraction de l’expérience et de la passion qui sont les éléments les plus importants pour créer de la valeur au sein d’une organisation.  Ces deux éléments font que le capital humain doit être considéré non pas comme un coût, mais comme un investissement dont le retour peut produire des avantages bien plus élevés que les coûts engendrés. Autre point à ne pas négliger, et qui plaide en faveur du maintien des plus âgés, c’est le fait que la passion et l’expérience sont des choses transmissibles dont les plus jeunes peuvent bénéficier. L’expérience des seniors et une autre vision des choses par les plus jeunes constituent des avantages non négligeable en termes d’innovation. Les expériences, les compétences n’ont  aucune valeur si elles ne sont pas partagées.

Mais voilà, la réalité est tout autre, et bien souvent des gens se voient remerciés parce qu’ils ont atteint un certain âge et qu’ils sont jugés comme coûtant trop cher à l’entreprise. Cette dernière évoque, et l’argument n’est pas toujours réfutable, le degré grandissant d’incertitude et la nécessité de réduire les charges.  Faut-il pour autant se résigner et accepter cette mise à l’écart ? Des périodes de changement et d’incertitudes ne sont-elles pas des périodes pouvant offrir des opportunités ?  Charles Darwin disait que « Les espèces qui survivent ne sont pas les espèces les plus fortes, ni les plus intelligentes, mais celles qui s’adaptent le mieux aux changements. »

Comme la plupart d’entre vous, j’ai eu le loisir de rencontrer des gens perdant leur emploi, de par le fait que leur séniorité était considérée comme devenant un handicap en matière de productivité. Ces personnes étaient néanmoins conscientes de leurs capacités, de leur expérience, mais surtout, restaient passionnées par leur métier. Le point commun chez chacune d’elles, c’était la confiance qu’elles avaient en elles, et la capacité à suivre leurs propres intuitions. Ces personnes, ayant fait un bilan de compétence, ont pausés les jalons pour créer leur propre activité, leur propre entreprise. La plupart d’entre elles évoquent d’avoir le sentiment que leur travail est plus reconnu que lorsqu’elles étaient salariées. Ayant pris le chemin de l’indépendance il y a quelques années, j’ai été aussi amené à faire ce constat. Est-ce dû au fait que la relation de travail passe d’une relation de subordination à une relation de collaboration ? Est-ce dû au fait que ces personnes ont peut-être découvert une façon de travailler qui leur correspondait mieux, et de ce fait, affichent une plus grande motivation ? Où le fait de prendre pareille décision rend-il  votre parcours et votre profil atypiques, mettant vos compétences en valeur, et donc dignes d’intérêts ?

Dans notre société où les choses changent de façon perpétuelle et de plus en plus vite. Les  évolutions de carrière comme bien d’autres choses ne sont plus linéaires. Etre mis à l’écart ne signifie pas pour autant que l’on n’a plus de valeur au sein d’une entreprise. C’est sans doute l’occasion de pouvoir mettre en lumière ses talents en travaillant d’une autre manière, en faisant autre chose. De franchir des pas décisifs qui nous permettent de pousser de nouvelles portes et d’accéder à de nouvelles opportunités.  Perdre son emploi n’est certes jamais agréable. Cela ne signifie pas pour autant que l’on ait fait les choses pour rien et qu’il faille repartir de zéro. C’est sans doute aussi le moment de prendre un nouveau départ, un départ dans la vie entrepreneuriale, une vie changeante et variée au gré des personnes que vous rencontrerez et des projets auxquels vous participerez.  Un rythme qui sera guidé par votre enthousiasme, votre envie de progresser, d’évoluer avec votre environnement. Il n’est jamais trop tôt pour entreprendre quelque chose. Vivre, entreprendre, c’est toujours avoir un projet devant soi.

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Les coopératives, une alternative durable pour remédier à la crise?

SeaFrance, reprise par ses salariés sous forme d'une SCOP

SeaFrance, reprise par ses salariés sous forme d’une SCOP

La question des coopératives comme remède à la crise est de plus en plus souvent évoquée. Les entreprises coopératives participatives, plus répandues en France et plus connues sous l’appellation de SCOP, présentent des caractéristiques et des modes de fonctionnements intéressants, qui s’inscrivent dans une démarche de durabilité. Ces caractéristiques font qu’il est permis de croire qu’elles ont un bel avenir devant elles.  De plus en plus de voix s’élèvent pour dire que nous ne traversons pas une crise, mais que nous traversons une période de changements profonds, et qu’il y a lieu d’adapter notre système pour redresser la barre.

A y regarder de plus près, pas mal d’arguments plaident en faveur de ce type d’entreprise comme modèle crédible, qui peut jouer un rôle important et positif pour l’économie et pour notre société. Parlons de l’implication des employés dans les processus de décision, mais évoquons d’abord tout simplement leur rôle et leur aspiration au sein de l’entreprise. Plus personne ne conteste le fait que le rôle des collaborateurs a profondément évolué au sein des organisations. Le développement des technologies a eu pour effet d’augmenter les performances des organisations, mais aussi de complexifier les processus, et d’augmenter donc le degré d’expertise nécessaire à la maîtrise de ces processus. Autrement dit, chaque collaborateur devient un maillon indispensable dans la chaîne de processus, de par son savoir et son expertise.  Prenons l’exemple du service facturation d’une entreprise, ou le processus induit par un système ERP est plus complexe à maîtriser, comparé à l’époque où l’on établissait les factures à la machine à écrire. Par le passé, Il était plus facile de reprendre le travail de quelqu’un au pied levé en cas d’absence, qu’aujourd’hui.  Le travail de chacun présente beaucoup plus de valeur ajouté, et l’expertise que chacun peut développer représente une valeur ajoutée indiscutable, qui profitera pleinement à l’entreprise. Cette complexification et cette maîtrise des processus fait que chacun développe la capacité à pouvoir travailler de façon autonome, ce qui accroit la confiance en soi et  change la perception que l’on a de son travail. Il est bien connu qu’une façon de pouvoir déléguer efficacement, c’est de confier non pas une tâche, mais un processus de façon à ce que l’employé qui se le voit confié, perçoive la finalité de ce qu’il fait.  La valeur que représente donc l’expertise développée par chacun et le besoin de mettre du sens à son travail, fait que l’employé éprouve le besoin de se sentir plus impliqué dans la vie de l’entreprise. L’entreprise coopérative participative répond à ce besoin qui s’inscrit de plus en plus dans l’air du temps.

Une autre composante caractéristique des coopératives participatives, c’est la répartition équitable d’une partie des bénéfices dégagés par l’entreprise. Chaque employé ayant la possibilité d’acquérir une participation dans le capital de l’entreprise percevra une rémunération de ce capital, ce qui le motive aussi à donner le meilleur de lui-même. Ce modèle d’entreprise qui rétribue plus équitablement les personnes qui y travaillent, est à l’opposé des entreprises rémunérant toujours plus leurs actionnaires, et imposant toujours plus de restrictions au niveau salarial. D’un point de vue socio-économique, le modèle participatif contribue à améliorer le pouvoir d’achat des employés, ce qui est bon pour la consommation et l’économie. C’est là que réside actuellement un des problèmes, c’est-à-dire l’écart entre les plus hauts et les plus bas revenus ne fait que croître, menant au constat de la disparition progressive de la classe moyenne. Ce phénomène est engendré par une économie capitaliste qui, à moyen terme, ne fait que détruire son marché. Faute de pouvoir d’achat, qui achètera encore vos produits ou vos services ? L’essoufflement de l’économie et le manque de reprise ferme n’amène-t-il pas à faire ce constat ?

Autre point essentiel dans ce modèle d’entreprise, c’est la vision à long terme et le mode de gestion qui en découle. Le modèle coopératif participatif privilégie le développement sur tous ses aspects, humain, économique, et non uniquement sur le profit. Le profit sera pour une partie, réinvesti dans l’entreprise, l’autre partie étant redistribuée au coopérateur suivant une limite préalablement établie. En aucun cas il ne constituera une finalité en soi ni le seul critère de performance. Pour pérenniser une entreprise, celle-ci doit évoluer suivant les besoins du marché, essayer d’anticiper ceux-ci,  et développer de nouveaux produits ou services s’inscrivant dans cette évolution. Ceci nécessite un processus de créativité et d’innovation permanents, processus qui nécessitent du financement. Le fait d’engranger des bénéfices permettra à l’entreprise de s’autofinancer, et donc d’être moins dépendante du crédit extérieur, générateur de charges d’intérêts.  Autre avantage d’avoir des réserves financières, c’est le fait de pouvoir faire face à ces engagements durant les périodes de mauvaise conjoncture économique, et ainsi donc d’éviter la cessation de paiement, voir même la faillite.

Au sein de l’économie classique, le profit constitue le point de préoccupation principale, et la tendance en matière de rémunération des actionnaires est clairement à la hausse, au point que certains économistes s’inquiètent quant à leur capacité future d’investir dans leur développement, faute de disposer encore de suffisamment de moyens.

Le modèle coopératif participatif est-il le modèle pour sortir de la crise ? A chaque problème, il n’y a pas qu’une et une seule solution, mais ce modèle d’entreprise constitue une piste intéressante parmi d’autres. Comme l’avait évoqué Jean-François Coutelier, fondateur de Damnet, la SCOP ne constitue pas la panacée universelle, mais ce modèle d’entreprise, du fait qu’il prend en compte une série de critère durable, est beaucoup plus contraignant, ce qui ne signifie pas pour autant que ce soit un désavantage. Ce modèle d’entreprise prend en compte tous les dimensions liées à son activité, et essaie d’en réduire les impacts négatifs. Il est très facile d’optimiser ses bénéfices, tout en négligeant certains aspects, dont les conséquences seront à charge de la collectivité. Je pense, par exemple, aux sociétés pétrolières engrangeant des bénéfices plantureux, mais dont l’impact négatif sur l’environnement est à charge de la collectivité. Or, s’imposer des contraintes peut être un excellent stimulant pour développer la créativité et élaborer des solutions originales et innovantes, et entretenir ce mouvement perpétuel nécessaire à la vie d’une entreprise.

En France, le mouvement de création de SCOP prend de plus en plus d’ampleur, constituant une alternative pour des salariés de pouvoir sauver leur entreprise de la cessation d’activité. Des statistiques mettent en évidence que les SCOP ont un taux de survie supérieur à celui des entreprises classiques. Ce modèle d’entreprise qui revêt plus de sens pour ceux qui y travaillent, et qui prend en compte l’environnement, ne constitue-il pas une économie à visage humain qui permet de rapprocher l’homme de celle-ci, économie qui doit être à son service et non l’inverse ?

Quelques infos sur les SCOP : http://www.les-scop.coop/sites/fr/

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Projet d’entreprise et collaboration: les clefs d’un bon partenariat.

La réussite d'un projet passe par un bon partenariat

La réussite d’un projet passe par un bon partenariat

Démarrer un projet en s’associant à d’autres partenaires est toujours une aventure enrichissante. Mais cette aventure pourra être menée à bien dans la mesure où certaines conditions seront réunies. Car entreprendre, c’est prendre du risque. L’échec est toujours possible, mais comme disait Louis Pasteur, « La chance favorise les esprits préparés ».  Voici quelques recommandations pour créer un bon partenariat :

  • Connaître ses partenaires : La collaboration est une affaire de relation. La première étape est de connaître ses partenaires, de savoir à qui l’on a à faire. L’intégrité et l’éthique sont des valeurs dont il convient de s’assurer que vos partenaires les intègrent. S’il est normal que chacun veille à ses intérêts, il ne convient pas pour autant de le faire au détriment des autres, voir même en commettant des actes délictueux. Mais malheureusement, certains sont sans scrupules, et d’autres l’ont appris à leurs dépends. Il convient d’éviter ce genre de personnes qui pourraient vous  être nuisible, notamment en termes de réputation.  Outre l’intégrité, il y a aussi la manière donc chacun travaille. Il est important de savoir si les méthodes de travail de chacun peuvent se combiner ou non, de même que la capacité de chacun à travailler en équipe et à communiquer clairement. On peut apprécier quelqu’un pour ses qualités humaines, mais avoir une manière de travailler diamétralement opposée à la sienne, ce qui aura vite fait de vous irriter et de rendre la collaboration difficile voire impossible.
  • Les motivations et les aspirations de chacun. Ne vous lancez pas dans un projet sans conviction. Il faut que l’essence même du projet corresponde à vos aspirations, à vos valeurs. Il sera difficile de faire preuve de motivation et de montrer le meilleur de vous-même face à vos partenaires, si d’emblée, vous ne croyez pas au projet et que vous le faites pour d’autres raisons. Ce n’est qu’en y adhérant que vous pourrez y apporter votre touche personnelle et le faire évoluer. Si vous êtes l’initiateur du projet, assurez-vous que chacun est motivé, et demandez-lui ce qui le motive dans le projet que vous proposez. Les réponses apportées seront suffisamment éclairantes sur le réel intérêt que le partenaire porte à votre projet
  • Les compétences : Un travail d’équipe n’est pas seulement fonction d’affinité, mais aussi de compétences. Une bonne équipe sera une équipe aux compétences complémentaires. Chacun pourra apporter son expertise, ce qui permettra de pouvoir gérer le projet dans tous ses aspects. Il n’est pas rare de voir des projets échouer parce que les partenaires ont le même profil, et que donc, dans certains domaines de compétences nécessaires au projet, ils n’ont aucune expérience et ne se sont pas entourés des bonnes personnes. Ce qu’on ne peut faire soi-même, il faudra le faire faire par quelqu’un d’autre disposant des compétences requises. Et si l’on n’a pas de budget pour s’adjoindre ces compétences, le projet risque d’être mort-né.
  • Les modalités de collaboration : La collaboration se déroulera avec succès dans la mesure où chacun adhèrera aux modalités de celle-ci, modalités qui seront préalablement établies. Travaillez-vous dans un type de relation client-fournisseur, et auquel cas, vous attendez une rémunération de votre travail, ou bien, vous joignez-vous à ce projet en tant qu’associé, prêt à prester au départ des heures non rémunérées, qui le seront peut-être plus tard si le projet réussit ou non. Autrement dit, quel sera votre degré d’implication, et voir si celui-ci s’accorde avec celui des différents partenaires.
  • La communication au sein de l’équipe : Avant d’entamer quelque action que ce soit, parlez-en à vos partenaires. Suggérez-leur l’idée qui vous passe par la tête, et demandez-leur un avis, leur approbation. Le feedback de chacun vous évitera de faire du travail inutile, et vous apportera peut-être de nouvelles idées auxquelles vous n’aviez pas pensé.
  • L’organisation et la méthode de travail : Il est impératif dans un projet que chacun avance dans la même direction, et que les actions de chacun puissent se coordonner. Etablissez un agenda avec les objectifs de chacun, les dates d’échéances. Faites des points réguliers pour relater l’état d’avancement des travaux en cours. En cas de problème majeur, faites-en part à l’ensemble de l’équipe de façon à trouver une solution ensemble, de recueillir des suggestions ou des conseils. Le temps est un facteur clef dans la réussite d’un projet.

 Entreprendre, c’est une question de motivation, mais aussi de relations humaines. Une motivation clef de l’entrepreneur est de trouver du plaisir dans ce qu’il fait, mais ce n’est pas toujours…..une partie de plaisir ! Entreprendre, c’est affronter des difficultés, c’est faire preuve de persévérance, c’est parfois douter, se remettre en question. C’est une affaire sérieuse, et non pas une promenade de santé que l’on fait « entre potes » qui s’apprécient. Il convient de préparer la chose avec sérieux, ce qui n’exclut pas l’éventualité d’un échec. Mais les raisons de cet échec seront certainement plus instructives qu’un échec dû à de la naïveté, de la négligence, et à un manque de travail certains.

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De l’informatique au coaching, un parcours centré sur l’humain. Interview de Philippe Declercq

Philippe Declercq, Professional Certified Coach

Philippe Declercq, Professional Certified Coach

Si je devais décrire Philippe Declercq en quelques mots, je dirais atypique, expérience, partage, sérénité. Lors de notre première rencontre, à l’occasion d’une réunion d’entrepreneurs, je fis connaissance avec quelqu’un parlant du métier de coach, où plutôt de la pratique du coaching comme il préfère le dire, avec enthousiasme et générosité, tels les personnes authentiques qui ne jouent pas un rôle, mais qui l’incarne réellement. Peu de temps après, nous  partagions une journée d’atelier, au cours de laquelle je fus impressionné par sa présence, s’exprimant par de longs silences qui témoignent d’un grand sens de l’écoute de l’autre. C’est par un bel après-midi ensoleillé qu’il m’a accueilli chez lui pour évoquer son parcours.

Philippe, peux-tu nous relater ton parcours ?

Lorsque j’étais à l’université pour étudier les mathématiques, je ne voyais pas trop vers où cela pourrait me mener, et j’ai décidé alors d’arrêter mes études. Je suis donc rentré à l’armée, pour effectuer mon service militaire, en intégrant le régiment des para-commandos   comme candidat officier. Malheureusement, après quelques mois, j’ai eu un très gros accident, et je me suis retrouvé durant quatorze mois à l’hôpital militaire à Liège. Je ne suis pas resté alité durant toute cette période, mais l’armée ne relâchait pas les gens tant qu’elle n’avait pas tout fait pour les ramener à un stade de guérison acceptable.

Durant cette période, je m’ennuyais beaucoup, et je souhaitais faire quelque chose. Je reçus donc l’autorisation de suivre des cours d’informatiques, et c’est comme cela que je suis devenu informaticien. J’ai commencé ma carrière assez rapidement chez Cockerill, puis deux ou trois changements successifs chez Caterpillar, ensuite chez Nixdorf Computer où je suis resté une quinzaine d’années, et suis devenu directeur d’un département. A l’aube de mes 40 ans, la société a été rachetée par Siemens, et comme bien souvent dans ces cas-là, ce genre de manœuvre engendre des restructurations, restructuration au cours de laquelle j’ai reçu mon préavis.

Avec l’argent de ce préavis, j’ai pu créer ma propre société. Au départ, je voulais créer une société de services informatiques. Mais mon premier client fut une société française de recrutement, qui m’avait confié un projet très ambitieux. Lorsqu’ils ont vu le prix, ils ont abandonné. C’était un projet faisable, mais très cher. Quelques semaines après cela, cette société m’a recontacté pour me confier une mission de recrutement pour un client situé à Bruxelles, mission consistant à recruter une douzaine d’informaticiens et un directeur de succursale. C’est comme cela que quelques mois plus tard, nous créions ensemble une société de recrutement à Bruxelles. J’ai donc fait du recrutement, de même que de l’ « executive  search », et ce jusqu’au 1ier janvier 2010.

Entretemps, au cours de l’année 2002, un de mes clients  me contacte en me demandant si je pouvais coacher un de leur cadre. Avec toute ma candeur, j’ai accepté cette mission. Cela ne s’est pas trop mal passé, même plutôt bien en terme de résultats. Mais en termes de processus, je me suis aperçu que j’avais plutôt agi comme conseiller que comme coach. Cela m’a ouvert les yeux, m’a permis de découvrir ce métier, et de voir qu’il était nécessaire de faire une formation approfondie pour le faire convenablement. J’ai donc choisi une école où j’ai appris le métier de coach durant deux années. J’ai même approfondi en refaisant ces deux années en tant qu’assistant. Je dirais que j’ai encore plus appris en étant enseignant qu’en étant enseigné. Je suis devenu assez expert en ce domaine. Je totalise à ce jour pas loin de 2.200 heures de coaching,  ce qui m’a permis d’acquérir le grade de « professional certified coach » auprès de la Fédération Internationale de Coaching. Ceci me permettra, si j’ai assez d’ambition, de présenter d’ici un an ou deux, un nouveau grade qui est le « Master Certified Coach ». Mais c’est un fameux morceau à digérer qui demande une dose substantielle de travail. Voilà donc mon parcours qui m’a amené progressivement vers le monde du coaching.

Est-ce que les étapes de ton parcours, et le fait de créer ta propre activité, étaient préméditées ?  Y avait-il une volonté de rupture, de faire autre chose ?

Non, ces changements n’étaient pas prémédités, mais il y a eu plusieurs facteurs qui ont joué. Il y a d’abord les hasards de la vie. Lorsque j’ai été licencié lors du rachat de Nixdorf par Siemens, ce sont les circonstances qui ont fait que  j’ai créé quelque chose. Ce n’était pas un acte prémédité. Le hasard des rencontres et des opportunités, notamment ce contrat avec cette société française ont fait que j’ai pu lancer une activité en tant qu’indépendant. En signant ce contrat avec cette société, je n’envisageais pas pour autant de rester indépendant toute ma vie. J’ai saisi cette opportunité à ce moment-là, et l’avenir dirait comment les choses évolueraient. Par contre, lorsque j’ai arrêté mes activités de recrutement en 2010 pour me consacrer pleinement au coaching, là, il s’agissait d’une décision résultant d’une stratégie mûrement réfléchie.

Commencer sa carrière en tant qu’informaticien et terminer comme coach est assez atypique. Y-a-t-il un fil rouge qui lie ces différentes étapes de ta carrière ?

Oui, je pense. Le fil rouge, c’est l’amour que j’ai pour l’être humain. C’est pour cela qu’en tant qu’informaticien, j’ai été heureux de travailler avec le monde de la PME, là où l’on a à faire avec les personnes qui ont les leviers de l’entreprise, là où le travail que l’on fournit aura un impact direct sur le quotidien des gens. C’est très différent dans le monde de la grande entreprise, où les gens sont certes engagés, mais ils gèrent des budgets plus conséquents, et toute décision n’a pas un impact aussi immédiat sur leur propre vie. Ils sont engagés, mais pas de la même façon. Dans la PME, chaque décision revêt un caractère beaucoup plus vital.

Le fil rouge, c’est le plaisir de rencontrer des gens. Dans le monde informatique, c’est rencontrer le dirigeant de PME, dans le monde du recrutement, les personnes qui cherchent un emploi, et enfin dans le monde du coaching, les personnes qui viennent pour développer une réponse à un projet qu’elles envisagent, et trouver des réponses à leur questionnement. On rentre donc dans l’intimité de la personne, on l’aide à concrétiser un projet. Chacune de ces rencontres est pour moi une petite fête, un moment privilégié où l’on va faire quelque chose ensemble.

Le fait d’avoir créé ta propre activité, a-t-il changé quelque chose en toi ? Ressens-tu les choses différemment ? Eprouves-tu plus de satisfaction qu’avant ?

Lorsqu’on lance sa propre entreprise, tout devient plus extrême, en comparaison avec un environnement plus sécurisant lorsque l’on est employé ou cadre. Tout devient plus extrême, que ce soit le plaisir, la peur, les conséquences de ses propres décisions. La conclusion ou non d’un contrat, a des effets immédiats sur les rentrées financières, et donc sur le fait de pouvoir honorer ses charges, que ce soit les fournisseurs, les impôts, etc.  C’est totalement différent de l’environnement où ; lorsque j’étais chef de produit, je gérais des budgets considérables. Ici, en tant qu’indépendant, la question est de savoir si répondre ou non à une offre de 2.000 euros est une bonne décision ou non. Donc, tout devient extrême dans ce sens-là, mais c’est aussi cela qui crée l’adrénaline, qui fait que l’on est plus impliqué et donc plus concerné par ce que l’on fait. Lorsque cela fonctionne bien, on y prend beaucoup plus de plaisir.

En te lançant dans l’aventure de l’entrepreneuriat, quelle est la chose que tu as le plus sous-estimé ? Comment as-tu fait face à cela pour redresser la barre ?

Lorsque j’ai commencé mon activité, les temps étaient encore fastes, et le travail ne manquait pas. Avec un peu de présence, quelques rencontres, décrocher des contrats était encore facile. C’est lorsque les premières crises sont arrivés, notamment la crise de la bulle internet en 2001, que je me suis rendu compte que j’avais sous-estimé le besoin d’avoir une structure de marketing, une structure de promotion pour mon entreprise, qui soit bien établie et qui permette de se différencier de ses concurrents. Je ne me suis pas rendu compte tout de suite de cette nécessité, et j’ai un peu perdu de temps. Il a fallu vraiment beaucoup travailler là-dessus pour redresser la barre.

Parlons de ton activité de coaching. Qu’est-ce qui t’a motivé à franchir le pas, à tourner la page du recrutement pour écrire celle du coaching ?

Le fait de pouvoir aider les gens à concrétiser leurs propres projets est quelque chose de motivant, de même que de pouvoir participer et contribuer à leur bien-être et à leur bonheur, dans le domaine pour lequel ils viennent vous trouver, que ce soit le domaine personnel ou professionnel. C’est cela qui fait du bien, qui me motive.

Outre le fait que tu te sois formé pour être coach, est-ce que ton background professionnel constitue une valeur ajoutée pour exercer ce métier ?

Je n’ai pas de réponse formelle à cette question. J’observe dans les milieux de formation au coaching, que les parcours des coachs sont très divers. Il y a des gens qui viennent de métiers en relation avec l’aide aux personnes, que ce soit des assistants sociaux, des psychologues, des psychothérapeutes, mais il y a aussi des gens venant d’autres horizons, que ce soit des responsables financiers, informatiques, des commerciaux. Chacun amène un peu son expérience, son envie, son besoin d’être dans une relation d’aide. Après cela, il y a tout le côté commercial qu’il faut développer. Il faut trouver des clients. Il est clair que celui qui vient du milieu de l’aide sociale, aura peut-être plus de clients venant du milieu de l’aide sociale où il a acquis une certaine crédibilité, de même que le coach qui était cadre en entreprise, aura plus de clients venant du monde de l’entreprise.  Ces milieux étant fort différents, on aura plus de crédibilité auprès des gens venant du monde dans lequel on a évolué, du fait que l’on connait ce milieu et que l’on parlera le même langage que le client.

Quelle sont les qualités qui font un bon coach ?

J’en vois essentiellement deux. D’abord, l’amour de l’autre, mais un amour juste. Pas le papa gâteau qui accepte tout. Un amour qui n’empêche pas d’avoir un regard critique mais constructif, un regard bienveillant, qui relève les points à améliorer et les défauts visibles, les difficultés que la personne pourrait traverser et qui n’a pas peur d’en parler. Une certaine forme d’assertivité mais qui est toujours liée à la bienveillance par rapport à la personne, sans émettre de jugement.

L’autre qualité, c’est l’écoute. Etre à l’écoute de son client et s’assurer qu’il vive dans une totale liberté, quitte à ce qu’il apprenne à l’acquérir. Pour garantir cette liberté, le coach ne doit jamais donner un conseil, et doit faire en sorte que jamais, le choix du client ne soit celui du coach. Et s’il ne sait pas choisir, il faudra prendre le temps pour favoriser la réflexion et pour qu’il arrive à faire ses propres choix. Le coach sert de catalyseur. Son principal rôle est de poser des questions auxquelles le client doit s’efforcer de trouver les réponses, les réponses qui lui permettront de se fixer un objectif et de le réaliser. Lorsque l’on met de l’eau et de la grenadine dans un verre, cela ne se mélange pas automatiquement. Il faut une cuillère pour mélanger. Le coach fait office de cuillère (rires).

Qu’est-ce qui amène les gens à venir te consulter et à se faire coacher ?

Pour beaucoup de gens qui viennent me consulter, la notion de plaisir au travail est de plus en plus souvent évoquée. Il faut préciser qu’il ne s’agit pas de monsieur et madame tout le monde. Il s’agit de personnes chez qui il y a la volonté de prendre la gestion de leur carrière en main, d’investir dans leur avenir, et de poser des choix, des choix guidés par une volonté d’être heureux, même si cette notion peut être toute relative. Je ne peux pas parler au nom de tout le monde. Je vois la personne qui ramasse les poubelles ici dans la rue, et qui dit toujours bonjour avec un grand sourire. Est-elle heureuse dans son boulot même si ce travail n’a rien de hautement intellectuel ? Peut-être que son plaisir réside à pouvoir dire bonjour au gens chaque jour, ou bien son plaisir est de pouvoir terminer à 15 heures pour pouvoir ensuite partir à la pêche, pourquoi pas. Je n’en sais rien. C’est quelque chose qui est propre à chacun. C’est une question de choix. Pour certains de mes clients, j’ai une petite vue de là où ils ont mis leurs choix, et encore c’est selon ce qu’ils veulent bien dévoiler, …..à moi et à eux-mêmes.

Tu es encore actif à l’âge où d’autres ont déjà pris leur retraite. Même si la réponse semble connue d’avance, est-ce la passion qui te motive à continuer, et envisages-tu d’arrêter ton activité ?

Quand à dire si j’envisage d’arrêter, tant que j’aurai les capacités de continuer, je ne vois pas pourquoi j’arrêterais. Cela peut se transformer au fil du temps, mais je ne vois pas de raison d’arrêter. Bien au contraire, j’ai plein d’idées pour créer de nouvelles choses. L’avantage de ce métier, c’est qu’il ne m’oblige pas à commencer à 8 heures du matin et de terminer à 7 heures du soir tous les jours. Je suis libre dans l’organisation de mon temps, mon agenda s’organisant par tranche de deux heures.

Le débat sur l’allongement des carrières pour faire face à la problématique du financement des pensions revient fréquemment à la surface. On essaie souvent d’enfermer les gens dans des boîtes, en évoquant qu’à tel âge, on n’est plus apte à travailler. Mais il est toujours possible de faire quelque chose mais autrement, à un autre rythme.

En effet, on peut toujours travailler mais autrement. Avoir une activité à temps partiel, et à côté de cela une activité bénévole. Le tout est de faire quelque chose et à un rythme librement choisi, et qui soit source de motivation et de bien-être.

Finalement, si le coach peut néanmoins donner un conseil, ne serait-ce pas celui de rester actif ?

Oui, mais plus fondamentalement, la question est de savoir « Quel est ton projet ? » Tout les projets sont respectables, que ce soit de marcher jusqu’à Saint-Jacques de Compostelle, ou bien réaliser un beau jardin. Et ce projet ne doit pas nécessairement s’inscrire dans le prolongement de la vie professionnelle. Ce qui serait triste, c’est de ne pas avoir de réponse à cette question, de ne pas savoir ce qu’est mon projet, de ne pas en avoir. Avoir un projet, c’est finalement le moteur de notre vie personnelle.

Les sites de Philippe Declercq:

http://prdcoaching.com
LinkedIn: be.linkedin.com/in/prdeclercq

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A la recherche de soi.

boussoleIl n’est pas rare que certains d’entre nous, et plus particulièrement les entrepreneurs, ressentent l’envie d’évoluer et se demandent quel sera le prochain projet, la prochaine entreprise dans laquelle ils se lanceront. Le tout est de savoir aussi quelle sera l’ampleur de ce changement, et qu’est-ce que nous serons prêt à sacrifier pour cela. Ce changement se fera sans doute de façon différente pour chacun, mais ce qui est sûr, c’est qu’il faudra gérer ce changement, maîtriser cette transition.

Lancer un nouveau projet, et maximiser les chances de réussite implique de se poser quelques questions. Reid Hoffman, fondateur de LinkedIn, évoque dans son livre « The start up of you », trois facteurs clefs permettant de définir l’orientation d’un projet d’entreprise : vos aspirations, vos compétences, et le marché potentiel lié à l’activité que vous souhaitez lancer. Je ne m’étendrai pas sur les compétences et le marché. Il semble aller de soi que tout projet rentre souvent en concurrence avec d’autres projets similaires, et que le savoir-faire et les compétences seront des éléments de différenciation par rapport à cette concurrence, permettant de bien se positionner et de tendre vers la réussite. La présence d’un marché semble aussi toute évidente pour que votre projet puisse être pérenne, et donc vous faire vivre, si c’est du moins votre objectif. Je parle ici d’un projet à finalité commerciale et non expérimentale.

Venons-en à l’aspect des aspirations, car il me semble, et je m’en faisais encore la réflexion il y a peu, que l’aspiration est la chose la plus importante pour pouvoir réussir son projet.  En effet, trouver une nouvelle idée nécessite de se poser la question de savoir quel est notre objectif, et qu’est-ce que nous sommes prêts à assumer, quelles sont les contraintes auxquelles nous sommes prêts à nous imposer.  Cette question est, à mes yeux, fondamentale, car comme tout entrepreneur le sait, entreprendre est un mode de vie, et l’équation que représente l’entrepreneuriat contient un terme non négligeable qui est celui de notre vie privée.  Autrement dit, est-ce que mon projet d’entreprise sera en adéquation avec l’équilibre que je souhaite atteindre entre vie privée et vie professionnelle. Ce n’est pas pour rien que l’on dit souvent qu’entreprendre est un mode de vie, « a life style » comme disent les anglo-saxons.

Depuis que je suis indépendant, pas mal d’idées m’ont traversé la tête. Des idées pas toujours précises, mais guidée par certaines aspirations, par certaines valeurs. Que ce soit pour son propre développement, pour créer quelque chose qui puisse contribuer à changer le monde, ou pour créer de l’emploi, entreprendre est la plupart du temps un acte qui permet de mettre du sens à sa vie.  Mais un projet n’est pas l’autre. Le temps et l’énergie qu’il faudra consacrer à monter un projet sera proportionnel à l’ampleur de celui-ci, et j’ajouterais, inversement proportionnel aux moyens dont on dispose.  Créer une entreprise avec embauche de personnel n’est pas comparable avec une activité de consultant travaillant seul. De plus, ce que vous ne pourrez pas faire faire faute de moyens, vous devrez le faire vous-même, de quoi vous assurer des journées plus que remplies.  Mais voilà, comment trouver la bonne idée est une chose, et savoir si on a vraiment envie de la mettre en œuvre en est une autre.

Si j’évoque ce sujet, c’est parce que je voudrais partager une petite expérience vécue il y a peu. Rien de tel que de sortir de chez soi pour trouver une idée, mais aussi pour constater que parfois, une autre idée n’adhère plus à nos aspirations. Il y a peu, je passais un long week-end dans la ville lumière, Paris, occasion de me relaxer et retrouver des amis entrepreneurs.  L’occasion aussi de passer un moment ressourçant  en visitant entre autre, le musée d’Orsay, l’occasion de changer de rythme.  Ce fut aussi le moment de constater que des moments comme celui-là me sont utiles, permettent de prendre du recul par rapport aux choses. Des moments qui me permettent de mieux réattaquer par la suite, mais qui font prendre conscience que le temps passe vite, et que je loupe parfois des moments privilégiés. De là apparait tout un questionnement. Suis-je prêt à m’investir 18 heures par jour dans un nouveau projet, quitte à devoir sacrifier du temps libre, ou bien est-ce que je préfère un projet où je travaillerai dur, certes, mais qui me permettra de prendre des temps de poses, ce que je vis actuellement ? On touche là à la notion d’équilibre de vie, équilibre entre vie privée et vie professionnelle. Que suis-je prêt à sacrifier ? Y-a-t-il des choses dans ma vie privée qui me tiennent à cœur, qui sont sources d’équilibre, et qui font que je mets des limites au temps consacré à ma vie professionnelle ? Nous devons de temps à autre nous poser cette question, mais bien souvent, il faut sortir du quotidien pour pouvoir y répondre, pour savoir ce que l’on veut réellement.

Notre vie quotidienne nous amène à évoluer, à prendre de l’assurance, à pouvoir affronter de nouveaux défis, et donc accroître nos ambitions. C’est aussi faire face à de nouvelles contraintes qui ont un impact sur notre vie. Mais face à cela, certaines expériences, tant de la vie professionnelle que de la vie privée font que nous rééchelonnons notre système de valeur, que nous accordons plus d’importance à certaines choses et moins à d’autres. Ce que nous envisagions encore il y a quelques temps n’est peut-être plus d’actualité à l’heure qu’il est. Un projet ambitieux que nous projetions de faire ne s’inscrit plus dans nos priorités, et nous décidons de réduire la voilure, ou en tout cas de les réorienter face au vent de nos motivations. Le fait de se diriger vers un projet moins ambitieux ne signifie pas pour autant qu’il sera exempt de contraintes, et ne nous empêchera  pas de viser l’excellence. L’excellence est  aussi une source importante de satisfaction et d’épanouissement. Faire des choses de moindre ampleur, mais les faire avec talent.

Comme je l’écrivais en début d’article, l’entrepreneur a besoin d’évoluer.  La recherche d’une nouvelle idée passe un peu par la recherche de soi, par le besoin de rester passionné, de découvrir, de faire autre chose, fonction de ses aspirations, des motivations du moment, mais aussi une nécessité induite par le changement permanent de notre environnement. Ce n’est pas toujours l’ampleur du projet qui donne satisfaction, mais bien ce moment de rupture qui entraine un nouveau départ. L’entrepreneur n’est-il pas quelqu’un toujours  à la recherche de lui-même, et qui doit se retrouver dans chaque projet qu’il entreprend ?

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