Un nouveau départ

Loïck Peyron, 54 ans, l'âge du talent et de l'expérience

Loïck Peyron, 54 ans, l’âge du talent et de l’expérience

Début de semaine, Loïck Peyron, navigateur au parcours prestigieux gagnait la Route du Rhum. La presse et les médias ont salué la prestation d’un homme expérimenté et passionné.  Un de mes contacts sur les réseaux sociaux partageait un billet paru sur le site de Ouest France, billet qui s’adresse aux directeurs de ressources humaines.  Ce billet fait allusion au paradoxe de certains DRH se réjouissant des exploits de Loïck Peyron, 54 ans,  louant son engagement et les capacités qui lui ont permis de gagner ce challenge, et d’autre part le fait que ces mêmes DRH écartent les CV de candidats talentueux pour la seule raison qu’ils ont plus de 45 ans.

A l’heure où certains gouvernements européens ont haussé l’âge légale de la mise à la retraite, il n’est pas rare d’entendre des gens évoquer les propositions de leur entreprise de les mettre à la retraite anticipativement. Bien souvent, ce genre de décision est mu par des questions de coût. J’évoquais dans une discussion sur les réseaux sociaux, relative au billet auquel j’ai fait allusion, le fait que l’âge est trop souvent perçu comme un élément négatif, ceci en faisant abstraction de l’expérience et de la passion qui sont les éléments les plus importants pour créer de la valeur au sein d’une organisation.  Ces deux éléments font que le capital humain doit être considéré non pas comme un coût, mais comme un investissement dont le retour peut produire des avantages bien plus élevés que les coûts engendrés. Autre point à ne pas négliger, et qui plaide en faveur du maintien des plus âgés, c’est le fait que la passion et l’expérience sont des choses transmissibles dont les plus jeunes peuvent bénéficier. L’expérience des seniors et une autre vision des choses par les plus jeunes constituent des avantages non négligeable en termes d’innovation. Les expériences, les compétences n’ont  aucune valeur si elles ne sont pas partagées.

Mais voilà, la réalité est tout autre, et bien souvent des gens se voient remerciés parce qu’ils ont atteint un certain âge et qu’ils sont jugés comme coûtant trop cher à l’entreprise. Cette dernière évoque, et l’argument n’est pas toujours réfutable, le degré grandissant d’incertitude et la nécessité de réduire les charges.  Faut-il pour autant se résigner et accepter cette mise à l’écart ? Des périodes de changement et d’incertitudes ne sont-elles pas des périodes pouvant offrir des opportunités ?  Charles Darwin disait que « Les espèces qui survivent ne sont pas les espèces les plus fortes, ni les plus intelligentes, mais celles qui s’adaptent le mieux aux changements. »

Comme la plupart d’entre vous, j’ai eu le loisir de rencontrer des gens perdant leur emploi, de par le fait que leur séniorité était considérée comme devenant un handicap en matière de productivité. Ces personnes étaient néanmoins conscientes de leurs capacités, de leur expérience, mais surtout, restaient passionnées par leur métier. Le point commun chez chacune d’elles, c’était la confiance qu’elles avaient en elles, et la capacité à suivre leurs propres intuitions. Ces personnes, ayant fait un bilan de compétence, ont pausés les jalons pour créer leur propre activité, leur propre entreprise. La plupart d’entre elles évoquent d’avoir le sentiment que leur travail est plus reconnu que lorsqu’elles étaient salariées. Ayant pris le chemin de l’indépendance il y a quelques années, j’ai été aussi amené à faire ce constat. Est-ce dû au fait que la relation de travail passe d’une relation de subordination à une relation de collaboration ? Est-ce dû au fait que ces personnes ont peut-être découvert une façon de travailler qui leur correspondait mieux, et de ce fait, affichent une plus grande motivation ? Où le fait de prendre pareille décision rend-il  votre parcours et votre profil atypiques, mettant vos compétences en valeur, et donc dignes d’intérêts ?

Dans notre société où les choses changent de façon perpétuelle et de plus en plus vite. Les  évolutions de carrière comme bien d’autres choses ne sont plus linéaires. Etre mis à l’écart ne signifie pas pour autant que l’on n’a plus de valeur au sein d’une entreprise. C’est sans doute l’occasion de pouvoir mettre en lumière ses talents en travaillant d’une autre manière, en faisant autre chose. De franchir des pas décisifs qui nous permettent de pousser de nouvelles portes et d’accéder à de nouvelles opportunités.  Perdre son emploi n’est certes jamais agréable. Cela ne signifie pas pour autant que l’on ait fait les choses pour rien et qu’il faille repartir de zéro. C’est sans doute aussi le moment de prendre un nouveau départ, un départ dans la vie entrepreneuriale, une vie changeante et variée au gré des personnes que vous rencontrerez et des projets auxquels vous participerez.  Un rythme qui sera guidé par votre enthousiasme, votre envie de progresser, d’évoluer avec votre environnement. Il n’est jamais trop tôt pour entreprendre quelque chose. Vivre, entreprendre, c’est toujours avoir un projet devant soi.

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About Eric Saint-Guillain

After 18 years as employee as accountant and controller for international companies, I launched my own activity in 2007 as financial consultant and interim manager. I am also investing time in non-profit organization. I am always pleased to learn everyday.
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