Faire face au changement

Crossing out problems and writing solutions on a blackboard.Depuis quelques temps, j’ai pris pour habitude en commençant la journée de publier et partager sur les réseaux sociaux, une citation trouvée au fil de mes pérégrinations numériques. Ce petit rituel fait office de stimulant pour entamer une journée que l’on espère riche et instructive, pour autant que l’on se donne la peine d’adopter un bon état d’esprit.  L’autre jour, je lisais cette citation de John Fitzgerald Kennedy, que je trouvais particulièrement intéressante, citation que tout entrepreneur, ou personne à l’esprit entreprenant doit se remémorer de temps à autre. « Le changement est une loi de la vie. Et ceux qui regardent seulement le passé et le présent sont certains de manquer le futur ».  Cette citation est d’autant plus pertinente que le changement, est bel et bien une constante de notre monde, de notre vie, une constante, oserais-je dire, dont la variabilité devient de plus en plus rapide et parfois imprévisible.

L’entrepreneur, comme tout un chacun d’entre nous, est confronté au changement. Ce qui est vrai aujourd’hui ne sera plus vrai demain, et pour maximiser les chances d’évoluer à travers ce changement permanent, il y a lieu d’anticiper. Simple à énoncer, mais moins facile à faire, ce qui rend la chose d’autant plus passionnante.

Avec les progrès considérables de la recherche scientifique, de la recherche fondamentale et l’avènement des technologies, notre environnement évolue de plus en plus vite, et se complexifie. Le nombre d’acteurs toujours plus nombreux intensifie le jeu de la concurrence. Ainsi donc, comment pouvoir tirer son épingle du jeu et évoluer harmonieusement vers le succès dans cet environnement de plus en plus changeant ?

Le changement, c’est avant tout une question de perception, de prise de conscience que quelque chose change. Si nous plantons un petit arbre dans notre jardin, celui-ci grandira un peu chaque jour, sans que nous nous en apercevions. Ce n’est qu’à un moment donné, après un certain temps que nous nous apercevrons que celui-ci a bel et bien grandi, constat que nous ferions plus facilement, si nous regardions une photo de cet arbre prise le premier jour, et que nous visualisions la différence de taille de l’arbre avec celle qu’il avait au moment de la prise de la photo. Autrement dit, il y a à un moment donné une rupture, un changement soudain qu’il faut percevoir,  mais aussi analyser et comprendre l’évolution de cette tendance.

Cette perception est d’autant plus importante que l’évolution du changement est d’autant plus imprévisible elle-même.  Il y a peut-être encore vingt ans d’ici, l’économie semblait rythmée par des cycles plus ou moins réguliers, où croissance et récession se succédaient. Et lorsque les économistes se posaient la question de savoir quand notre économie ressortirait d’une phase de récession, ils avaient tendance à se référer aux observations du passé, et à établir des prévisions basées sur des extrapolations. Or, aujourd’hui, force est de constater que ces extrapolations ne tiennent plus forcément la route, tant est le fait que les paramètres qui les sous-tendent varient, et que les théories élaborées sur base des observations passées sont devenues obsolètes. Ceci mène pas mal d’observateurs à conclure qu’aujourd’hui, notre économie n’est pas en crise, mais est en pleine évolution, voir même en pleine révolution.

Et qu’en est-il de l’entrepreneur ? L’entrepreneur qui lance son projet le fait après avoir trouvé une idée qui lui semble répondre à un besoin, résoudre un problème auquel la société est confrontée. Ceci étant, il doit être conscient que les idées, comme beaucoup de choses d’ailleurs, n’ont qu’un temps, celles-ci ne sont pas éternelles.  La perception qu’il a de l’environnement et de son évolution sera d’autant plus importante pour assurer la pérennisation ou l’évolution de son projet. Une erreur à ne pas commettre, et j’en reviens à la citation de Kennedy, serait de se référer à son expérience passée, et d’extrapoler l’évolution de son propre parcours. Notre expérience du passé n’est utile que par  les compétences que nous avons acquises, et la capacité que nous avons développée à les transposer dans un nouveau contexte. Autrement dit, ne pas faire la même chose mais faire autre chose. On en vient là à évoquer la distinction entre innovation et créativité. Comme le définit Luc De Brabandere, l’innovation consiste à faire plus de quelque chose, à faire mieux quelque chose, tandis que la créativité consiste à vraiment faire quelque chose d’autre, quelque chose de nouveau. La créativité induit un changement de paradigme.  Les changements toujours plus rapides, font qu’ils ne se manifestent plus comme une évolution progressive, mais comme une succession de ruptures. C’est bien là un des gros challenges auquel l’entrepreneur, comme de chacun d’entre nous d’ailleurs, doit faire face.

Comment l’entrepreneur peut-il faire face à cette évolution, comment peut-il maximiser ses chances de succès ? On dit toujours que l’entrepreneur a toujours un projet d’avance. Oui, mais encore ? L’entrepreneur doit avoir un projet d’avance, mais pour savoir lequel, pour développer sa capacité à se représenter les choses autrement et saisir les enjeux potentiels du changement, il doit d’abord utiliser les outils que la nature a mis à sa disposition : ses yeux, ses oreilles et son cerveau !

Percevoir le changement, c’est d’abord être curieux, en s’informant à travers les différents canaux dont nous disposons. Le web est probablement le plus bel outil jamais inventé qui nous permet de trouver de l’information à profusion, information qu’il faut analyser, comprendre, afin d’en tirer des conclusions et développer de nouvelles idées. C’est aussi bâtir un réseau et être à l’écoute de celui-ci, pour s’informer de ce qui se passe sur le terrain, afin de cerner d’éventuelles opportunités, de voir des pistes qui se dessinent. Ensuite, c’est faire travailler son imagination. Cet exercice sera d’autant plus fructueux si l’on acquiert des compétences de façon permanente, mais aussi si l’on développe curiosité et intérêts pour diverses choses, qui seront des stimuli pour développer notre imagination. Car qui dit évolution de l’environnement dit aussi évolution des compétences et développement de l’esprit

Ceci étant, ces conditions sont nécessaires mais pas suffisantes. Elles peuvent maximiser les chances de succès, mais pas nécessairement les garantir. L’échec fait bien souvent partie de la vie de l’entrepreneur, mais cet échec sera quelque chose « d’utile », s’il en tire les enseignements et qu’il se remet en question. Un échec n’est jamais total ni définitif. Dans son livre « Anti-fragile », Nassim Nicolas Taleb considère l’environnement instable comme quelque chose qui nous renforce, nos échecs comme étant quelque chose qui nous permet d’avancer, pour autant que ceux-ci n’atteignent pas un niveau d’irréversibilité. L’échec ne signifie pas que l’entrepreneur doit repartir de zéro, il prend simplement un nouveau départ, plus riche de son expérience. L’échec  lui donnera l’opportunité de recommencer  plus intelligemment,  comme disait Henry Ford. Contrairement à ce que l’homme s’évertue à penser, le risque zéro n’existe pas. Le risque est toujours présent, et ce qui importe, c’est d’apprendre à  le prévoir et à le gérer, plutôt que d’essayer de le réduire à tout prix en se basant sur de mauvaises hypothèses, ce qui n’aurait que pour effet de nous faire perdre notre vigilance et nous confiner dans notre zone de confort.

Ceux qui regardent le passé et le présent risquent de manquer le futur, cela ne fait pas l’ombre d’un doute. Ce qui est essentiel, c’est d’avancer, d’imaginer ce que sera demain, et d’agir en conséquence. Notre vie est une succession d’essais, couronnés de succès ou d’échecs. La ligne du temps est irréversible et  il en va de même avec celle de l’évolution. La plus grande erreur est de vouloir voir le contraire et de rester sur place, voire de se diriger dans le sens opposé.

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A quand une coupe du monde de l’entrepreneuriat ?

Le football et l'entreprise: une équipe, un objectif, une bonne dose de travail et de courage.

Le football et l’entreprise: une équipe, un objectif, une bonne dose de travail et de courage.

En ces temps de coupe du monde de football, personne n’aura manqué la ferveur autour du succès de notre équipe nationale, qui, c’est le cas de le dire, se démène comme de beaux diables. La qualification de la Belgique contre les Etats-Unis en huitième de finale a été une étape importante et remarquable, notre équipe nationale renouant avec sa gloire passée. Bien sûr, l’objectif idéal serait de gagner cette coupe du monde. Rêve impossible ?  Rien n’est impossible, mais il y a pas mal de chose à réunir pour atteindre cet objectif. Pas mal de choses auxquelles un entrepreneur doit penser aussi.

– Penser et voir grand. Le niveau des objectifs que l’on se fixe est fonction de nos ambitions, mais aussi des barrières mentales que l’on se crée parfois sans raison. Si certains ont pu réaliser de grandes choses, c’est parce que d’abord ils y croyaient, qu’ils ont vu que d’autres l’ont fait et que donc, c’était possible. Il faut cependant réunir les conditions nécessaires pour y arriver. Nos Diables Rouges peuvent très bien gagner cette coupe du monde pour autant qu’ils le décident et qu’ils aient réunis les conditions leur permettant de maximiser leurs chances de réussites.

– Etre passionné : La chance de pouvoir atteindre un objectif est liée au degré de passion que l’on a pour l’activité que l’on exerce et qui s’inscrit dans le cadre de cet objectif. Bien souvent, j’ai vu des projets fantastiques qui étaient le fruit du travail de gens passionnés plutôt qu’une question de budget disponible. L’argent n’est pas le seul critère de motivation, et certainement pas chez les entrepreneurs. Si c’était le cas, beaucoup d’entrepreneurs ne se lanceraient plus dans l’aventure.

– Développer une stratégie. Comme dans un match de football ou le jeu et la composition de l’équipe sera fonction du jeu et de la composition de l’équipe adverse, l’entrepreneur doit penser aussi en termes de stratégie pour développer son activité et atteindre ses objectifs. Quel est le marché que je cible, quels sont mes concurrents, comment puis-je me différencier de ceux-ci ? Toutes ces questions doivent être posées de manière à prendre le bon chemin pour atteindre un objectif fixé, mais pour comprendre aussi ce qui ne fonctionne pas lorsqu’on s’aperçoit que l’on s’écarte de cet objectif.

– Une solide dose de travail et d’efforts. Réaliser des performances de haut niveau et atteindre des résultats élevés nécessite une part importante de travail. Ne prêtez pas attention aux propos de ceux qui prétendent le contraire.  Le monde de l’entreprise, comme celui du football, est un monde de compétition où l’on ne se fait pas nécessairement de cadeaux. Les entreprises, si elles peuvent collaborer ensemble d’une part, se livrent aussi une compétition d’autre part. Se différencier des autres, apporter de la valeur ajoutée à ses clients, gérer tous les aspects liés à l’entreprise demande du temps, du travail et de l’énergie.  L’entrepreneuriat est un parcours qui est loin d’être tranquille. Mais chaque étape franchie et chaque difficulté vaincue donne l’énergie et la confiance en soi pour affronter les étapes suivantes.

– Vaincre la peur de l’échec. Certains hésitent à se lancer dans une aventure par crainte de l’échec. Cette crainte peut réduire vos chances de réussites à néants. Pour notre équipe nationale, la pression exercée par le public est d’autant plus énorme que l’enjeu est de taille. Mais il faut cependant considérer qu’un échec n’est jamais total. Comme nos Diables Rouges, l’entrepreneur franchit différentes étapes avec succès et  se retrouve soudain en situation d’échec. Plutôt que de voir le résultat final, c’est-à-dire l’échec, il convient de voir les différentes étapes franchies qui ont apporté quelque chose au niveau personnel, en termes d’expérience et de connaissance. Quant à l’échec, il faut l’accepter en tant que tel et en tirer les enseignements qui permettent d’anticiper lorsque des situations similaires se représentent. Il n’y a qu’en sortant de sa zone de confort que l’on puisse avancer. Oui, le sport de haut niveau comme le monde des affaires est tout, sauf confortable.

– Se remettre en question. Le succès a quelque chose de grisant, et chacun de nous a tendance à l’accepter en tant que tel, sans demander son reste. Mais cela ne signifie pas pour autant qu’il n’y ait pas de problème potentiel ou latent, qui puisse écourter ce succès. Dans un environnement en perpétuel mutation, certains paramètres changent. Il convient de percevoir ces changements à temps et de prendre les mesures appropriées pour s’adapter. Mais il n’est pas exclu que nous ne percevions pas ses changements, ou du moins le timing dans lequel ceux-ci se produiront. Tout entrepreneur connaitra une situation d’échec d’ampleur variable. L’échec ne sera valorisant que s’il est valorisé, c’est-à-dire qu’il soit accepté et qu’il induise un processus de questionnement et de remise en question.

Ernest Solvay, un des grands industriels que la Belgique a compté.

Ernest Solvay, un des grands industriels que la Belgique a compté.

Cette comparaison entre le monde du football, et celui de l’entreprise me fait penser à unechose : pourquoi ne pas envisager une coupe du monde de l’entrepreneuriat ? Cette question est posée bien sûr sous l’angle de la boutade, mais elle a pour but de mettre des choses en évidence. La Belgique est connue comme un des pays de l’Union européennes où le taux de création d’entreprises est en dessous de la moyenne. Comment expliquer ce phénomène ? Outre le manque de culture entrepreneurial, un contexte fiscal pas des plus avantageux, ne faut-il pas voir là aussi un manque d’estime de soi ? Le fait d’habiter un petit pays induirait-il le sentiment que nous sommes moins capables que d’autres ? C’est oublier les grands industriels tels Ernest Solvay, et autre John Cockerill qui ont fait de la Belgique un fleuron économique par le passé. C’est oublier aussi les caractéristiques de notre pays, comme le fait d’avoir plusieurs communautés et donc de parler plusieurs langues comme étant un atout considérable dans le monde actuel.

Bien sûr, le monde change, et l’économie ne fait pas exception à la règle. Le monde du travail change, et les valeurs changent aussi. Le manque de création d’entreprises est-il lié au fait que bon nombre de multinationales ont créé des emplois dans notre pays, et que l’on s’en est purement et simplement contenté ? Il ne faudrait pas commettre la même erreur commise par l’Irlande il y a quelques années, qui, se contentant de voir arriver des investisseurs étrangers, n’a absolument rien entrepris pour encourager le développement d’un tissu économique local. Elle en a payé le prix fort en matière économique et sociale, lorsque, quelques années plus tard, ces multinationales ont fermé leurs portes pour se relocaliser dans les pays de l’Est, à coût de main-d’œuvre meilleur marchée.  Les emplois créés par les multinationales ne sont pas des emplois acquis d’office, comme nous l’ont encore rappelé il y a peu Arcelor Mittal, Opel Anvers ou Ford Genk. Le rôle de l’entrepreneuriat et le développement de celui-ci seront déterminants pour le succès futur de notre économie, pour la création d’emplois et le maintien de notre système de protection sociale. Des statistiques européennes comme outre atlantique ont mis en évidence que ce sont les petites et moyennes entreprises qui sont les plus créatrices d’emplois. Vouloir espérer que des grosses entreprises reviennent s’implanter en Belgique en créant des milliers d’emplois semble illusoire. L’évolution des choses n’a qu’un sens d’une part, et d’autre part, certains emplois au sein des grosses entreprises n’ont pas nécessairement été délocalisés, mais ont tout simplement disparu.

Au vu de l’engouement que suscite la coupe du monde de football, du sentiment de fierté d’être belge, que suscite le succès déjà engrangé par nos Diables rouges, ne serait-il pas opportun de créer aussi un tel élan autour d’un projet de redéploiement économique local ? Nous sommes capables comme d’autres nations de créer de grandes choses, et certains le prouvent. La Belgique compte bel et bien des entreprises de pointe dans leurs secteurs respectifs, mais cela reste insuffisant. Créer une entreprise demande une bonne dose de courage, une prise de responsabilité, mais aussi d’être habité par une conviction profonde que l’on peut réussir. Le tout est de créer un climat propice, un courant porteur, et à manifester un réel intérêt pour l’entrepreneuriat, de créer et encourager ce sentiment d’estime de soi et de capacité à réussir. Il est essentiel que ceux qui entreprennent se sentent soutenus et considérés, comme tout un chacun, que l’on soit infirmière, instituteur ou fonctionnaire. Que chacun puisse être incité à repousser ses limites, ses objectifs, de manière à pouvoir tout simplement s’épanouir, à mener une vie qui est la sienne.  Ce sont les conditions nécessaires pour bâtir une économie, mais surtout pour bâtir une société. Ne l’oublions pas, comme au football, on remporte rarement des victoires seul, c’est avant tout un travail d’équipe, guidé par un esprit d’équipe. Il n’y a pas de succès personnel sans succès collectif. Il en va donc aux autorités publiques de créer ce cadre pour inciter à la création d’entreprise, et aux entrepreneurs à créer des entreprises au service de l’homme et de son épanouissement.

Pour en revenir à la question, pourquoi pas une coupe du monde de l’entrepreneuriat et une Belgique championne du monde ? Il faut pouvoir rêver et laisser rêver en se disant que tout rêve n’est pas impossible. Walt Disney ne disait pas autre chose : « Tous nos rêves peuvent devenir réalité si nous avons le courage de les poursuivre »

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Entreprendre ou vivre une passion.

BarCamp2014Le dernier BarCamp organisé par Anathalie Mukundwa, avait pour thème la passion de l’entrepreneuriat. Vaste sujet s’il en est, car la passion est bien quelque chose qui prend des formes différentes chez chacun d’entre nous, et qui a un réel impact sur notre façon de vivre. Avec l’ensemble des participants, nous nous sommes d’abord attelés à définir ce qu’était la passion par rapport à soi, par rapport aux autres, dans le sens subjectif et objectif du terme, et de voir comment elle pouvait se concrétiser dans la vie de l’entrepreneur.

Qu’est-ce que la passion ? Que représente-elle par rapport à soi ? La passion est l’expression d’un besoin intérieur profond. Elle se traduira par le fait de vivre intensément en entreprenant quelque chose, que ce soit un sport, un métier, un hobby. Ce besoin est une source de motivation qui nous entraine à réaliser un objectif préalablement fixé.  Elle pourra présenter chez certains un caractère obsessionnel, voir irrationnel. Certains ne vivront que pour elle tel que le collectionneur, alors que pour d’autres, ce sera plutôt une façon de vivre qu’un réel objectif, autrement dit faire des choses avec passion.

Qu’en est-il de la passion vis-à-vis des autres ? Toujours dans le sens subjectif du terme, la passion suscitera l’adhésion ou bien le rejet, et ce, pour diverses raisons. On exprime souvent le fait que des personnes ont le courage de vivre de leur passion, indépendamment de l’avis des autres, du quand dira-t-on.  Steve Jobs ne disait-il pas à ce propos, dans son célèbre discours à l’Université de Stanford, qu’il était important d’écouter sa propre voix intérieure, plutôt que celle d’autrui. On perçoit aisément l’énergie dégagées par les personnes passionnées, ce qui ne laisse aucun doute quant à l’authenticité de cette passion. Elles sont aussi généralement intarissables dès que l’on aborde le sujet de leur passion, et leur enthousiasme se communique très facilement aux autres.

D’un point de vue pratique, la passion a un impact sur notre entourage, et la passion d’entreprendre ne fait pas exception à la règle. Démarrer sa propre entreprise est bien plus qu’un changement d’activité et de statut professionnel, c’est un mode de vie. Ce mode de vie aura un impact sur votre entourage familial. La vie au quotidien, mais aussi les éventuelles conséquences  positives ou négatives qu’engendre l’entrepreneuriat, rythmeront aussi la vie de votre entourage proche. Le fait par exemple de faire face à des difficultés financières pourrait avoir des répercussions sur la vie et l’atmosphère familiale. Les membres de votre famille proche sont en quelque sorte vos premiers partenaires avec qui vous devez parler de votre projet d’entreprise et de ce que cela implique, et voir ce qui est acceptable pour tout le monde. Ceci est d’autant plus important que le passionné voit son idée comme étant la meilleur idée qui soit, et risque de partir en “croisade” pour imposer son idée aux autres.

L’entrepreneur est-il un passionné, ou doit-il l’être ? Comme dit précédemment, la passion est un besoin qui s’exprime, quelque chose dont on est convaincu. Cette conviction profonde est sans nul doute une condition nécessaire à l’entrepreneur pour convaincre les autres, les clients potentiels, d’acheter le bien ou  le service qu’il propose, mais aussi ses futures partenaires avec lesquels il développera son projet. La passion pousse l’entrepreneur sans cesse à s’améliorer, à accroître ses connaissances et ses compétences, afin de faire évoluer son offre de produits ou de services. Il accroit sa maîtrise dans ce qu’il fait le mieux, ce qui lui permettra de se différencier de ses concurrents. C’est cela qui fera qu’il s’exprimera à sa manière à travers son activité, et qu’il sera lui-même et non un autre et reconnu comme tel, qu’il sera unique.

Mais qui dit passion, dit aussi difficultés à réaliser cette passion. L’entrepreneuriat s’apparente souvent à une course d’obstacle, que l’entrepreneur passionné devra et voudra franchir. Que ce soit dans la recherche de solutions techniques pour répondre à un besoin précis d’un client, que ce soit dans la recherche de financements pour développer son activité, l’entrepreneur devra chaque jour déployer quantité d’énergie pour atteindre son objectif. Mais la motivation qui découle de sa passion fera qu’il n’abandonnera pas facilement celle-ci. Nous le savons tous bien, la vie est faite de satisfactions mais aussi de contraintes. Ce n’est pas l’absence de contraintes qui font de nos projets une réussite, mais bien notre capacité à gérer ses contraintes et à trouver des solutions appropriées pour atteindre nos objectifs.

Lors des discussions, une question sous-jacente à cette problématique de passion –contrainte, était le fait de voir comment pouvoir vivre de sa passion. Pouvoir vivre de sa passion est l’équation que tout entrepreneur doit résoudre, en déterminant le résultat qu’il veut obtenir, ainsi que tous les autres termes de cette équation. Ces termes consistent en une série de paramètres, mais aussi de contraintes. Faut-il encore préciser que l’entrepreneur se sera préalablement posé les questions suivantes : Quelles sont mes aspirations, et là la passion constitue la réponse, mais aussi quelles sont mes compétences, et y-a-t-il un marché pour que mon projet soit viable.  La question est de savoir quelle stratégie mettre en place pour pouvoir vivre de sa passion. Ceci étant, cet aspect des choses est intéressant, dans la mesure où il met en lumière le fait que la passion peut être vue, ou se vivre de différentes façons. Comme je l’ai évoqué au début de cet article, la passion sera vue, vécue différemment par chacun. Chez les uns, ce sera quelque chose d’intense, avec une part d’irrationalité, une passion pour laquelle aucun compromis n’est possible, et pour d’autres, exercer leur passion sera une activité qu’il faudra combiner avec d’autres choses afin de pouvoir vivre. En évoquant cela, je pense à ce témoignage de Michel Kacenelenbogen, fondateur du théâtre « Le Public » à Bruxelles. Ce dernier évoquait que le but de la société de marketing qu’il avait créé était de faire de l’argent pour pouvoir créer un théâtre, rêve qu’il réalisa. Ce qui serait intéressant de savoir, c’est de savoir si cette société qu’il dirigea pendant plusieurs années était  en elle-même une réelle source de motivation qui lui permit de gagner de l’argent pour créer son projet de théâtre, ou bien si c’est  le fait de créer ce théâtre qui était la motivation première, et que sa société était donc une contrainte qu’il jugea nécessaire pour concrétiser son rêve. Autrement dit, la contrainte n’enlève rien à sa détermination et lui permet de faire fonctionner cette société. A contrario, j’ai eu l’occasion de rencontrer des entrepreneurs, dont un fut des nôtres lors de ce BarCamp,  qui lancèrent leur projet avec passion, une aventure qui leur apporta énormément d’enseignement et de satisfaction sur le plan personnel, mais qui à un moment donné, furent confrontés à une contrainte qu’ils n’étaient pas prêt à affronter, et qui, après mûres réflexions, décidèrent d’abandonner leur projet d’entreprise.

Il va sans dire que la passion est quelque chose de complexe, mais quelque chose qui résulte aussi d’un esprit curieux. La vie d’entrepreneur n’est pas quelque chose de linéaire, mais qui comme notre environnement, évolue de plus en plus vite. Certaines passions s’éteignent, d’autres naissent, en fonction des circonstances de la vie, en fonction des nouvelles opportunités que tout esprit curieux découvre. Sans doute une preuve de plus que c’est la passion qui anime les entrepreneurs en série, que vivre passionnément est pour eux une nécessité.

Photo prise par Anathalie Mukundwa. 

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Question de prix ou de valeur ?

Valeur ou prixLe plus gros challenge de tout entrepreneur qui se respecte est de livrer un bien, un service, ou bien les deux à un prix qui lui permette de rentabiliser son activité. En ces temps de crise, ou plutôt d’évolution économique, le jeu de la concurrence se fait de plus en plus intense, et le challenge pour pouvoir décrocher un contrat au prix souhaité est d’autant plus grand.

La question fondamentale consiste à savoir comment pouvoir me faire payer les biens et /ou les services que je livre au prix qu’ils valent, ou du moins au prix que j’estime qu’ils valent ? Pour répondre à cette question, et donc construire un argumentaire, il y a une série de choses à prendre en considération.

– Le marché et l’état de celui-ci. Les marchés sont sujets à des fluctuations conjoncturelles, et à un certain moment à une dégradation structurelle. Ces fluctuations auront une incidence sur les prix. Autrement dit, le jeu de l’offre et de la demande fait que ces prix seront à la hausse ou à la baisse. Jusque-là, rien de bien extraordinaire en matière de théorie économique. Le tout est d’avoir à tout moment une bonne perception de ce marché, et de percevoir son degré d’obsolescence.

– L’originalité de mon produit ou de mon offre de service : En quoi est-ce que je me différencie de mes concurrents ? En quoi est-ce que mon offre sera la plus intéressante au niveau produit, au niveau service ? Quel sera le rapport qualité/prix, et qu’est-ce qui justifie que le client ait raison de payer le prix demandé ?

–  Ma clientèle cible : Le monde de la grande entreprise et celui des PME sont des mondes totalement différents. Les PME ne disposent pas des mêmes moyens qu’une entreprise internationale. Dès lors, le budget alloué à un service ne sera pas le même. De plus, le propriétaire d’une entreprise n’a pas la même perception de l’argent que le manager d’une multinationale. Le propriétaire de la PME voit l’argent comme étant une chose réelle qui rentre et qui sort de son portefeuille, tandis que le manager d’un département d’une multinationale le voit plus comme quelque chose de virtuel, qu’il gère fonction d’un budget préétabli et approuvé par le groupe. Il faudra sans doute déployer plus d’énergie pour convaincre le dirigeant de PME.

Ces trois éléments sont essentiels pour voir quel est le potentiel de son activité, et pour pouvoir construire un argumentaire pour défendre le prix demandé.  Il existe bien sûr des prix de marchés, mais l’enjeu consistera à ne pas tomber dans une spirale négative qui consiste à casser les prix et à éliminer les concurrents. Si le jeu de la concurrence est quelque part sain, afin d’éviter des situations de monopole, un prix cassé sera-t-il toujours un avantage pour le client ? La question mérite d’être posée.  Sur base de ce questionnement, il y a lieu de construire son prix en fonction de valeur produite, voir même de valeurs…au pluriel.

– La valeur intrinsèque du produit ou du service : Il s’agit de prendre en compte l’ensemble des coûts de matière première, de main d’œuvre, les coûts directs et indirects. Le prix de vente et le volume seront déterminés en fonction des coûts, de façon à pouvoir dégager un bénéfice, dont une partie sera réinvesti pour développer l’activité et ainsi donc la pérenniser.

– La qualité du bien ou du service : La qualité est quelque chose qui a un prix. La qualité sera certainement plus rentable à moyen et long terme. Il faut donc pouvoir mettre un certain prix au départ, pour une qualité qui évitera d’engendrer des coûts par la suite. Ne vaut-il pas mieux acheter une voiture plus fiable pour laquelle on obtient une moins bonne ristourne commerciale ? Autrement dit, la ristourne commerciale sur un véhicule moins fiable ne sera-t-elle pas repayée en frais de réparations, qui pourront s’avérer être plus important que le montant de la ristourne ? En d’autres termes, quel sera le retour sur investissement sur le long terme ?

– Le coût engendré par le non-choix du produit ou service : pour mesurer la valeur d’un service et non son prix, il est utile de prendre en considération le coût engendré par le fait de ne pas contracter ce service. La sous-performance de mon système informatique ne risque-t-elle pas de me coûter plus cher, en faisant l’économie d’un consultant qui pourrait l’optimiser ? Quel en serait non pas le retour sur investissement, mais bien le retour sur non-investissement. Il serait négatif très certainement.

– L’innovation apportée au client : Le client fait appel à vous pour un service bien précis, parce qu’il reconnait vos compétences en la matière, des compétences qui peuvent être complémentaires et qui vous feront gagner du temps, mais aussi de l’argent dans le processus de recherche d’une solution. Pour un prix conclu, vous aurez aussi toujours le loisir de lui offrir un service complémentaire, le petit plus comme on dit qui fait que un plus un font trois. Le petit plus qui sera un critère de différentiation par rapport à vos concurrents. La complémentarité de vos compétences vous donne la possibilité d’innover et par conséquent de fournir une solution originale à vos clients.

Voici donc quelques arguments qui permettent de pouvoir convaincre un client sur le fait qu’il paie le juste prix pour un bien ou un service. Toute qualité a un prix, et ce prix permettra au fournisseur de fournir cette qualité sur le long-terme. Comme mentionné auparavant, le fait de vouloir faire baisser les prix pourrait avoir pour conséquence qu’à un moment donné, un fournisseur ne peut plus offrir la même qualité de prestation, et si ce dernier fait faillite, ne plus offrir de service du tout. Outre la perte de service, c’est aussi le savoir-faire d’un prestataire qui disparait, ce qui est préjudiciable pour le client. Comme l’exprime bien cette citation, « L’amertume de la qualité médiocre reste en bouche bien longtemps après que la douceur d’un prix réduit soit oubliée ».  Tout ceci met en lumière le fait que le client doit prendre conscience qu’il ne paie pas un prix, mais qu’il acquiert de la valeur. Vouloir acquérir quelque chose à un prix plancher sous prétexte que l’on estime que cela ne vaut pas plus, est parfaitement aberrant, car pourquoi payer pour quelque chose de médiocre, quelque chose en quoi on ne croit pas ? Au fournisseur à faire la démonstration de l’existence bien réelle de cette valeur, et de mettre en évidence ce qui le différenciera de ses concurrents.

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« Concree » : Comment de jeunes Africains boostent l’entrepreneuriat et l’innovation

concree-ecosysteme-startupVoici une initiative particulièrement inspirante, afin d’aider de jeunes entrepreneurs à élaborer un projet, et ce sur un continent ou le taux de chômage est estimé à 60% de la population active. Entreprendre n’est-il pas une alternative permettant de prendre son destin en main, et en ne considérant pas la précarité comme une fatalité. Le chemin de l’entrepreneuriat n’est pas simple, mais il permet d’apprendre, et aussi d’apprendre à se connaître.

« Concree » : Comment de jeunes Africains boostent l’entrepreneuriat et l’innovation.

 

 

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Quel type d’entrepreneur suis-je ?

Richard Branson, serial entrepreneur parti de rien.

Richard Branson, serial entrepreneur parti de rien.

Bon nombre d’entrepreneurs, ou de personnes qui envisagent de créer leur propre projet se sont probablement posés la question de savoir quel type d’entrepreneur ils pourraient devenir.  En d’autres termes, qui suis-je réellement, et de quoi suis-je vraiment capable ?

Répondre à cette question, c’est déjà analyser un certain nombre de termes que constitue l’équation d’entreprendre. Cette équation définit quel est mon objectif, et quelles seront les différentes composantes, mais aussi contraintes qui me permettront d’atteindre cet objectif.

–  Des composantes liées à la personnalité : Suis-je sûr de moi ? Ai-je la capacité de prendre des risques et jusqu’à quel degré de risque suis-je capable de l’assumer. Puis-je facilement accepter mes échecs et me remettre en question ? Puis-je facilement me relever suite à un échec, autrement dit, quelle est ma capacité de résilience ? Ces différents aspects seront déterminants quant à l’ampleur du projet que l’on entamera, le degré de risque étant proportionnel à l’envergure du projet.

–  Ce qui me passionne : Tout entrepreneur est avant tout mu par une passion. Cette passion est un élément déclencheur de la motivation qui poussera l’entrepreneur à réaliser son projet et atteindre l’objectif attenant à ce projet.  Dans la mesure où il faudra convaincre les autres, il faudra d’abord être convaincu soi-même, et quoi de plus convaincant qu’un être passionné, qui montre qu’il déploiera toute l’énergie nécessaire pour réaliser son objectif.

– Des compétences clefs et des aptitudes: Tout projet nécessite des compétences clefs, comme des aptitudes. Bien sûr, on ne peut pas tout faire soi-même, et on délèguera certains processus à des collaborateurs ou à des sous-traitants. Cela demande des capacités au niveau de la gestion de ressources humaines. Il est nécessaire de se poser la question de savoir si l’on a les compétences pour le faire, mais aussi si c’est quelque chose que l’on aime faire ou non. On en revient à la composante de la personnalité. La question sous-jacente ici est de savoir si je préfère travailler seul ou si je préfère travailler en équipe et que j’assume de devoir avoir autorité sur une équipe.

– L’ampleur du projet : Tout projet est amené à évoluer d’une façon ou d’une autre, mais certains projets seront de plus grande ampleur que d’autres. La question est de savoir si on pourra assumer l’évolution de son projet, si l’on assumera les nouvelles contraintes qui pourraient naître de cette évolution. Par exemple, un projet nécessite une taille critique pour être pérenne, ce qui nécessite d’investir des capitaux conséquents, de devoir engager plusieurs dizaines de personnes. Puis-je faire face à l’ampleur que prend le projet ?

Malgré ces questions que l’on se pose, le parcours de chaque entrepreneur sera différent. Si quand bien même, on trouvera l’inspiration aussi dans l’expérience des autres, il n’en reste pas moins important d’écouter sa voix intérieure quant à ce que l’on envisage de faire, d’être soi-même et de ne pas faire forcément comme l’autre. Néanmoins, se connait-on vraiment ? Chacun d’entre nous n’a -t-il pas des talents qu’il ignore ?

Entreprendre reste une aventure, et n’est certainement pas quelque chose de statique. C’est une expérience de laquelle  on apprend chaque jour. L’entrepreneur sera chaque jour confronté à des défis. Face à ces défis, il développera des capacités à surmonter les obstacles et à mieux anticiper les défis futurs, mais il découvrira peut-être aussi des choses pour lesquelles il n’est pas fait, et agira en conséquence. Une femme entrepreneur me raconta un jour qu’elle avait abandonné le projet qu’elle avait lancé, parce que l’évolution de celui-ci prenait des proportions impliquant des responsabilités et des risques qu’elle n’était pas prête à assumer, qui ne correspondait pas à son projet de vie personnel. Il n’y a en cela rien de déshonorant, c’est même faire preuve de sagesse. Car ne l’oublions pas, un entrepreneur est quelqu’un qui choisit de prendre des risques, mais qui se doit de les assumer.

La question mise en avant est de savoir quel type d’entrepreneur nous sommes, ou quel type d’entrepreneur pouvons-nous devenir. Il y a en effet un monde de différence entre celui qui devient prestataire de service indépendant, qui met en avant une compétence propre et qui en fait un projet professionnel et économique, et celui qui décide de lancer une véritable entreprise qui sera amenée à grandir, à engager du personnel, à se développer à l’étranger. Comment démarrer et comment évoluer ? Le chemin parcouru par chaque entrepreneur sera différent, fonction de ses aspirations, de ses expériences, des talents qu’il a ou qu’il développera et dont il pourra tirer profit. Reid Hoffman, fondateur de LinkedIn, exprime le fait que notre parcours n’est pas pré-établi, mais que nos expériences doivent faire émerger des choses en nous, des capacités, des talents, des centres d’intérêts qui nous mèneront à nous lancer dans un nouveau projet, une nouvelle aventure.

Quel type d’entrepreneur sommes-nous ? Celui que nous deviendrons, que nous apprendrons à connaître, en fur et à mesure des expériences vécues et des rencontres, des opportunités, mais aussi  fonction des valeurs que nous voulons mettre en avant. S’il y a bien des choses utiles à savoir pour entreprendre, on se rend vite compte en apprenant sur le parcours d’entrepreneurs connus qu’il n’y a pas vraiment de règles qui garantissent le succès. L’essentiel est de tirer profit des différents aspects de cette aventure qu’est l’entrepreneuriat pour toujours évoluer vers de nouveaux horizons. L’entrepreneuriat n’a pas de limites, et c’est sans doute cela qui fait aussi que nous serons un type d’entrepreneur  explorant le champ des possibles….voir même de l’impossible.

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Pourquoi l’entrepreneuriat a-t-il de beaux jours devant lui ?

IMG_0294Un des principaux enjeux des dernières élections du 25 mai était le volet socio-économique. Tous les partis politiques étaient bien d’accord sur la nécessité de créer de l’activité économique et donc de créer des emplois. Le retour de la croissance économique laisse espérer à chacun une embellie sur le front de l’économie et de l’emploi. Mais est-ce que cette espérance se concrétisera oui ou non ? Et est-ce que quelques points de croissance du PIB seront générateurs d’emploi ? Nul ne le sait, tant et si bien que les cycles de croissances et de récessions économiques deviennent de plus en plus imprévisibles et remettent rapidement les choses en question. Ces attentes, me semble-t-il sont souvent basées sur le passé. Or, à y regarder de plus près, on constate que ces dernières années, les évolutions économiques sont de moins en moins linéaires et répétitives.

Pouvoir apporter une solution à un problème ne peut se faire qu’à condition que l’on ait clairement identifié celui-ci, et que l’on comprenne bien le contexte dans lequel il s’inscrit. Stimuler le marché de l’emploi est une chose, mais comment faire en sorte que cette stimulation ait des effets durables ? Difficile de répondre à ce problème, du moins sur les bases qui sont trop souvent encore prises en considération par certains. La durée de vie moyenne des entreprises est d’environ 15 à 20 ans d’une part, et d’autre part, les choses évoluent de plus en plus vite, et donc l’obsolescence de certaines connaissances et savoir-faire est plus rapide qu’auparavant. Dès lors, comment garantir un emploi comme l’ont revendiqué l’un ou l’autre parti politique dans son programme ?

Dans une excellente interview publiée dans le magazine Trends-Tendance, Peter Van Oevelen, directeur de la société Trifinance explique ce qui fait le succès de son entreprise. Trifinance fournit des prestations de services dans le domaine de la finance. Ces services sont prestés aussi bien par des salariés de l’entreprise, que par des partenaires indépendants. Le leitmotiv de Trifinance est que les collaborateurs sont plus importants que les clients. Il explique que les collaborateurs ont pleinement conscience qu’ils doivent prendre en charge leur carrière, se montrer plus flexible. Dès lors, ils ont des attentes par rapport à leur travail, et à la satisfaction que celui-ci va leur apporter. Ils ont clairement compris que la sécurité d’emploi n’est plus une réalité, mais un terme devenu complètement obsolète. La seule sécurité qui existe est la mise à niveau des compétences, et ce, de manière constante et permanente. La philosophie d’une entreprise comme Trifinance intègre très bien cette dimension. Trifinance ne cherche pas à garder à tout prix ses collaborateurs, mais bien à les former en participant à des projets originaux qui correspondent aux attentes de ses salariés .Elle mise sur le fait de pouvoir offrir un tremplin à ses collaborateurs, leur permettant d’accéder à de nouveaux défis. Trifinance laisse donc une autonomie maximum à ces collaborateurs, ces derniers sachant très bien que la contrepartie à cette autonomie est l’obligation de produire des résultats.  La preuve en est que, comme l’exprime Peter Van Oevelen, « je dois souvent davantage freiner mes collaborateurs que les stimuler à faire du neuf.

Jean-François Coutelier, fondateur de la société Damnet, société de service informatique basée sur le modèle coopératif-participatif ne dit pas autre chose. Lorsqu’il fallait prendre une décision à l’égard d’un collaborateur de l’entreprise, ses collègues se montraient parfois plus inflexibles que les membres de la direction. Pour peu que les employés aient de l’autonomie, qu’ils apprennent quelque chose qui les passionne, et que tout cela ait du sens, ils sont prêts à donner le meilleur d’eux-mêmes.

De ce constat, il découle que le travail requiert de plus en plus un esprit entrepreneurial, et que les jeunes générations l’intègre de plus en plus.  Peter Van Oevelen se dit convaincu de pouvoir appliquer le même modèle dans le monde de l’industrie avec les ouvriers. Le développement des technologies a fait que les choses deviennent de plus en plus complexes, mais aussi que chacun peut faire office d’expert dans des domaines spécifiques. Cette expertise permet de mener des projets à bien, et est très valorisante pour celui qui la détient. Le développement de ces expertises constitue un élément beaucoup plus motivant que le fait de promouvoir quelqu’un qui se retrouvera dans une fonction qui ne lui convient pas, mentionne encore Peter Van Oevelen.

De ce constat, on peut penser que l’entrepreneuriat constitue une opportunité intéressante pour bon nombre de personnes qui ont une expertise, un savoir-faire, et qui veulent mener une carrière épanouissante. Mais deux questions se posent. Est-ce que tout un chacun est fait pour être indépendant, et auquel cas, existe-t-il un cadre qui permet de promouvoir, de mettre en valeur l’esprit entrepreneurial ? Jean-François Coutelier mentionne que le fait qu’il y ait peu d’entreprises comme celle qu’il a créé, sur le modèle des SCOP en France, tient au fait que d’un point de vue fiscal, ce modèle n’a rien d’attractif. Une société coopérative a l’avantage de ne pas être délocalisable, de ne pas être transmissible, mais dès lors, quelle plus-value en retire un des associés fondateur lorsqu’il désire se retirer du projet ? Le travail et le temps investit lors de la phase de démarrage sont-ils couverts et rémunérés ?

Ces différents constats prêtent à penser que l’entrepreneuriat, l’esprit d’entreprendre, a de beaux jours devant lui, mais demande à ce qu’il y ait différents cadres incitant les gens à entreprendre, à pouvoir se réaliser dans un projet professionnel.  Si tout un chacun n’est pas prêt à se lancer comme indépendant, mais adhère cependant à l’esprit entrepreneurial, il y a lieu de développer et de promouvoir différents cadres de travail, telles les coopératives d’activités, les sociétés coopératives et participatives.  Pour bon nombre de métiers, ce genre de structure a tout son sens et serait une solution flexible pour beaucoup de gens sur le marché du travail mais qui n’osent entreprendre une carrière comme indépendant.

D’aucuns, et avec raison, disent que redonner le goût d’entreprendre constitue un enjeu important pour redresser et développer l’économie. Ce propos est tout à fait pertinent, mais ceci étant, il convient d’adapter les structures aux formes nouvelles d’entrepreneuriat. A titre d’exemple, un avantage offert par les SCOP très présentes en France, est la possibilité donnée à des salariés d’une entreprise qui ne trouve pas de repreneur, de pouvoir poursuivre l’activité de celle-ci en devenant copropriétaire. Le nombre d’entreprises qui ne trouvent pas  de repreneur suite à la cessation de l’activité due au départ à la retraite de son exploitant, est non négligeable. Bon nombre d’entreprises ont arrêté leurs activités et licencié leur personnel alors qu’elles étaient rentables.

La relance de l’économie et de l’emploi ne peut être durable pour autant que l’on ait clairement bien identifié la problématique des entreprises et l’évolution du monde du travail. Cette évolution est inéluctable et irréversible. Est-ce à dire que le meilleur est derrière nous, et le plus mauvais à venir ? Certainement pas, mais il y a lieu d’apporter d’autres réponses. Nous sommes dans un changement complet de paradigme, et tout changement nécessite l’apport de solutions nouvelles. L’Etat doit pouvoir apporter un cadre incitant à la création d’entreprise, mais il convient aussi au monde de l’entreprise d’envisager l’entrepreneuriat sous un autre angle. Un entrepreneuriat où l’humain doit être mis au centre des préoccupations. Le savoir-faire reste le bien immatériel le plus précieux d’une entreprise, et celle-ci a tout à gagner en formant ses employés qui pourront éventuellement devenir de futurs partenaires indépendants. N’oublions pas que le manque de main-d’œuvre qualifiée est aussi un facteur de délocalisation.

Il est temps de prendre en compte ses différents paramètres pour pouvoir relancer une économie durable. Le contexte n’est pas toujours facile, mais il y a des besoins bien présents, ainsi que des débouchés pour des emplois faiblement qualifiés. Il y a tout lieu de penser que l’entrepreneuriat a de beaux jours devant lui, mais il convient de mettre en place des structures et des incitants permettant le développement de celui-ci.

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L’art de la rencontre, une source de richesse.

IMG_0397Ce n’est pas une grande révélation, mais tout entrepreneur vous dira que l’on n’entreprend jamais seul. Cette évocation peut être vue sous différents angles. En effet, par cette évocation, il ne faut pas seulement voir le fait de s’adjoindre des compétences que l’on ne possède pas.  L’entrepreneur allant à la rencontre des autres, se créera à terme un champ d’opportunités, pour autant qu’il soit une opportunité lui-même.

Aller à la rencontre d’autrui, c’est vouloir tisser des liens. On touche là à la notion de réseau. Dans un précédent article, j’évoquais le réseau comme étant apporteur d’opportunités. Vous faire connaître, vous faire reconnaître pour vos compétences et votre savoir-être, vous apportera des opportunités. Mais le réseau, c’est pouvoir mettre aussi des personnes de votre entourage en relation. Si un client potentiel  fait appel à vous pour un service mais que vous ne pouvez le lui fournir pour diverses raisons, vous pourrez toujours le mettre en relation avec une autre personne de votre réseau qui pourra répondre à la demande du client. Vous créez une opportunité pour quelqu’un et rendez un service à une autre.  Cette notion de réseau suppose un investissement en temps de manière permanente. Créer des liens, c’est une chose, mais des liens durables et fructueux en est une autre. Cela implique aussi un lien de réciprocité sans pour autant que cela soit conditionnel.  Avec le temps, vous verrez bien qui vous renvoie la balle, ainsi que ceux qui sont du genre à ne rien partager et prendre tout pour eux. Assez naturellement, vous finirez par oublier ces derniers, et vous vous concentrerez sur les personnes qui se manifestent assez régulièrement.  Autrement dit, donner sans nécessairement attendre en retour, mais faire les choses en fonction des affinités que vous développerez avec votre réseau. C’est finalement votre savoir-être et vos compétences qui augmenteront votre visibilité.

L’art de la rencontre, c’est aussi l’art de l’échange.  Les initiatives formelles ou informelles rassemblant des entrepreneurs ne manquent pas. Que ce soit entre personnes d’une même profession, d’une même activité, ou des personnes travaillant dans des secteurs très différents, ce genre de rencontre est l’occasion de discuter de divers sujets, et de percevoir une phrase, un propos qui peut s’avérer être une clef permettant d’ouvrir de nombreuses portes, être des éléments de réponse à des questions que l’on se pose, des mécanismes que l’on essaie de comprendre et pour lesquels les connaissances théoriques ne suffisent pas. Récemment, je rencontrais deux trois entrepreneurs, avec qui nous évoquions la notion de prix d’un service. L’un d’eux évoquait un élément important qui était la perception de l’argent qu’a le client, à savoir que pour le propriétaire d’une entreprise, l’argent est quelque chose de matériel qu’il voit rentrer et sortir de son propre portefeuille, tandis que pour le manager d’une grande entreprise, il s’agit de quelque chose de virtuel, et qu’il consentira à payer un prix en fonction d’un budget préalablement fixé. Si la PME et la grosse entreprise sont des marchés bien distincts avec des fonctionnements différents, cette évocation  permet de mieux comprendre pourquoi, et donc de construire son argumentaire quant à  la construction d’un prix en fonction de son interlocuteur.

De la rencontre, naîtra sans doute aussi des collaborations, mais aussi des champs inexplorés dans lesquels vous trouverez de l’intérêt, voir même de nouvelles passions, de nouvelles vocations. Il y a quelques années, je rejoignais une association sans but lucratif, afin d’offrir mes compétences au niveau comptable et financier, mais aussi de contribuer à un projet en accord avec mes valeurs. Cet engagement ne fut pas le fruit du hasard, mais bien du fait que je connaissais une des personnes qui y travaille, et qui m’a demandé de l’aider. Si j’ai pu apporter pas mal de choses en offrant mes services à titre bénévole, cette expérience m’a apporté énormément de choses qui peuvent m’être utiles dans ma vie professionnelle. Autrement dit, toute expérience permet de découvrir de nouveaux horizons, mais aussi de se créer de nouveaux objectifs, et donc d’alimenter notre motivation.

L’art de la rencontre, c’est se donner les moyens de donner vie à vos projets en tant qu’entrepreneur, mais aussi d’en élaborer de nouveaux. Tout ce que vous pourrez récolter comme information, comme connaissance, contribuera à fertiliser vos projets et à les faire croître. Il se créera une forme de cercle vertueux qui vous évitera la monotonie, pire ennemi de la créativité, il se créera ce mouvement perpétuel qui vous motivera toujours plus et vous fera bâtir des projets en série.

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Viser l’excellence ne s’improvise pas.

ExcellenceIl y a peu, j’avais une conversation avec une personne qui souhaitait se réorienter professionnellement. Ils ne sont pas rares ceux qui souhaitent à un moment donné, prendre un nouveau départ professionnel, voir même lancer leur propre affaire. Si bien souvent, on évoque le fait que nous nous mettons souvent nous-mêmes des barrières, il n’en reste pas moins qu’il y ait lieu de se poser quelques questions avant de se lancer dans l’aventure d’une reconversion professionnelle.  Cette personne en était pleinement consciente et l’évoquait d’ailleurs au cours de la conversation.

Prendre un nouveau départ au niveau professionnel, c’est repartir de zéro, rejoindre un autre marché où d’autres concurrents sont déjà présents, et ont déjà plusieurs années d’expérience à leur actif. Mais peut-on partir de zéro et être tout aussi bon, voir même meilleur qu’eux, pour pouvoir se tailler une place ? Si l’on souhaite être dans la cour des grands, il faudra faire preuve de talent, mais surtout se poser la question de savoir si l’on possède ce talent où non. Comme évoque Reid Hofman, fondateur de LinkedIn, on fait rarement un virage à 180° en matière de reconversion professionnelle. Il faut avant tout être passionné par ce que l’on fait, mais aussi disposer des connaissances, du savoir-faire, ainsi que du  talent nécessaire pour pouvoir relever un nouveau défi avec professionnalisme. Il faudra pour cela s’assurer que l’on dispose de ce talent à la base, talent qu’il faudra développer par une solide dose d’efforts et de travail. Si quand bien même chacun d’entre nous a probablement des aptitudes dans divers domaines, il faudra développer le talent suffisant pour en faire une activité vraiment professionnelle. Pour cela, il faut vouloir viser haut, repousser sans cesse ces limites. Si l’on dit que la perfection n’existe pas, il faut néanmoins se surpasser et se remettre en question pour viser l’excellence, c’est-à-dire offrir de la valeur ajoutée ainsi que le meilleur résultat possible. Il m’arrive parfois de rencontrer des gens s’improvisant dans certains domaines, et affichant un air très satisfait de leur réalisation, alors que celle-ci, tout en étant le plus objectif possible, relève du pur amateurisme. Il arrive bien sûr que l’entrepreneur débutant effectue des choses lui-même par manque de moyen, mais pourra-t-il convaincre ses clients potentiels ? Réaliser un travail de faible qualité contribuera plus à vous décrédibiliser plutôt qu’à convaincre.

Si la notion de talent et de savoir-faire constitue une des clefs d’un business, le marché que l’on souhaite cibler est tout aussi important. Mon interlocuteur, bien que travaillant aussi dans la finance comme votre serviteur, soulignait que nous avions l’un et l’autre des profils bien différents, de par le type d’entreprise dans lequel nous avions travaillé, et que nous ne serions pas nécessairement capables de faire ce que l’autre fait. Pour avoir eu l’occasion de connaître les deux environnements, l’environnement PME est très différent de l’environnement d’une multinationale.  Si vous êtes prestataire de service au sein d’une multinationale, vous aurez probablement à gérer des projets de plus grande ampleur, et vous aurez sans doute affaire à des gens qui disposent d’autant de connaissances que vous. Les dirigeants de PME, du moins certains, n’ont bien souvent que leur propre expérience, et ne perçoivent pas toujours directement s’ils ont affaire à un pro. Autrement dit, il se peut que dans un cas, vous soyez à la hauteur, et dans l’autre, pas du tout, et que dans un cas comme dans l’autre, cela se remarquera.

Pour pouvoir développer son activité avec succès, on en revient toujours aux mêmes choses. Il s’agit de définir son cœur de métier, de proposer des biens ou des services là où l’on est le meilleur. Il y aura toujours une proportionnalité entre la taille des entreprises que l’on souhaite toucher, l’ampleur des  projets que l’on souhaite réaliser, les connaissances nécessaires pour offrir ces produits ou services de qualité,  ainsi que le degré de risque. En d’autres termes, le business facile n’existe pas, et proposer des choses que l’on est incapable de réaliser soi-même aura tôt fait de ternir votre réputation. Le client en sait souvent tout autant que vous, et il aura vite fait de détecter si vous êtes un véritable spécialiste ou un charlatan. Pour pouvoir se démarquer de ses partenaires ou concurrents, pour faire la différence, il vaut donc pouvoir offrir quelque chose d’unique, ce qui signifie se remettre en question et évoluer de façon permanente. Le degré d’expertise que l’on peut offrir dans un domaine donné n’est que le fruit d’une expérience de long terme, mais aussi du regard et du questionnement que l’on porte à cette expérience.

Avant donc de se lancer dans une activité, soyez conscient de savoir dans quoi vous vous lancez, de ce que vous faites. Certains entrepreneurs se lancent dans une activité et échouent, tout simplement parce qu’ils n’ont pas les compétences suffisantes pour mener à bien l’activité qu’ils ont choisie. Entreprendre, c’est basculer de façon permanente dans une zone d’inconfort, certes, mais en étant conscient de ce risque. Il faut donc déployer l’énergie et les actions nécessaires pour faire face aux challenges, et redresser la barre lorsque l’on sent que les choses ne se déroulent pas dans le bon sens. Vous serez d’autant mieux préparé à faire face aux imprévus qu’en vous engageant dans des choses que vous maîtrisez et que vous comprenez. Ce n’est que de cette manière que vous viserez l’excellence, et non la médiocrité.

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Liberté et remise en question

Willy de Roos

Willy de Roos

Pour beaucoup d’entrepreneur, une des raisons qui les ont motivés à faire ce choix, est le fait d’avoir plus de liberté en créant sa propre entreprise, son propre projet. L’entrepreneur, du moins celui qui commence avec ses propres capitaux, n’a finalement de compte à rendre qu’à lui-même. Seulement à lui-même ?

Avant d’aller plus loin, il serait bon de savoir ce que l’on entend par le mot « liberté ». Je ne pourrais manquer d’évoquer ce que disait Willy De Roos, navigateur hollandais décédé en 2008, à propos de la liberté. Il évoquait que seul sur son bâteau, il bénéficiait d’une très grande liberté. Ceci étant, il était obligé d’accepter les restrictions imposées par l’environnement. D’autres restrictions venaient s’imposer, notamment être propre et rasé pour conserver une bonne image de soi, maintenir le bâteau en ordre et procéder aux travaux d’entretien réguliers de celui-ci. Autrement dit, une série d’obligations afin de rester digne mais aussi de garder les choses sous contrôle. Willy De Roos avait le sentiment que, finalement, sa liberté lui échappait. Mais il tira la conclusion suivante : « La liberté, ainsi, me semblait se réduire à une peau de chagrin. Toutefois, ce n’est que faute de ne pas l’avoir correctement définie. La liberté ne permet pas de faire tout à sa guise. Elle ne pourrait d’ailleurs pas se conserver ainsi. Alors, j’ai vite compris que la vraie liberté n’est rien de plus que le droit de se contraindre soi-même. Mais c’est là une immense liberté : celle qui nous élève au rang d’adulte ».

Cette belle et très juste vue de ce qu’est la liberté met en lumière le fait que les choix que nous faisons auront toujours des conséquences. C’est ce que chacun d’entre nous, mais aussi les entrepreneurs doivent garder à l’esprit. Lorsque je disais que l’entrepreneur n’a de comptes à rendre qu’à lui-même,  on constate, en y regardant de plus près, que ce n’est pas tout à fait exact. Qui fait le succès et la viabilité de votre business ? L’originalité du produit, le service que vous offrez sont des éléments clefs pour susciter l’adhésion de vos clients et pour vous forger une bonne réputation. Que ceux qui, lorsqu’ils étaient encore employés, trouvaient leur patron exigeant, n’oublient pas qu’il y a encore plus exigeant qu’un patron ; c’est le client. Léo Exter, partner chez HealthStartup et fondateur de Westartup, évoquait récemment dans un article publié sur le site de Datanews, être parfois déprimé en accompagnant certains jeunes entrepreneurs, souvent naïfs et incompétents, ayant une image erronée de ce qu’est le fait d’entreprendre, ce qu’implique la création et le développement d’une entreprise.  Il est clair que ceux-ci doivent très vite prendre conscience des contraintes et des actions nécessaires pour mener leur entreprise vers la voie du succès.

L’entrepreneur est confronté à de multiples contraintes. Comme déjà évoqué dans d’autres articles, s’il est nécessaire qu’il s’entoure de partenaires compétents dans des domaines où il ne peut traiter lui-même, c’est néanmoins lui qui est et reste responsable de ses dossiers. Entreprendre, c’est faire des choix dont on doit assumer les conséquences, c’est aussi des décisions à prendre et des actions à entreprendre,  mais surtout des conséquences à assumer. En tant qu’initiateur d’un projet, on en est et reste responsable. Bien sûr, n’oublions pas que l’erreur fait partie des choses auxquelles tout entrepreneur sera confronté un jour ou l’autre. Mais on ne pourra en tirer des enseignements clairs et celle-ci ne s’avèrera utile que si d’une part, on accepte cette erreur, et d’autre part que l’on se remette en question en analysant clairement les raisons de cette erreur et que l’on change de stratégie ou de méthodologie.  En d’autres termes, voir quelle liberté j’ai prise, et qui m’a conduite vers un obstacle voir même une impasse.

La définition de la liberté de Willy De Roos est probablement la plus pertinente qui soit, celle-ci étant le fruit de son expérience personnelle. La liberté de choix ira toujours de pair avec une liberté de contrainte. Quelque choix que l’on fasse, il y aura des difficultés à vaincre. Les éviter mènera certainement vers un résultat médiocre, voir un non-résultat. En revanche, affronter la difficulté nous mène à analyser, à comprendre et à élaborer  de nouvelles solutions. Affronter la difficulté et résoudre un problème contribue à enrichir nos connaissances et compétences, outils essentiels  qui nous permettront d’élaborer de nouveaux projets plus complexes, plus ambitieux.

Pour en revenir au choix de l’entrepreneur qui crée son propre projet parce qu’il se sent plus libre, sa liberté de choix, de valeurs ou de décision s’accompagnera toujours d’une liberté de contrainte.  Mais cette liberté de contrainte devra inévitablement s’accompagner de remises en question pour  rester sur le chemin menant au succés.

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