A la recherche de soi.

boussoleIl n’est pas rare que certains d’entre nous, et plus particulièrement les entrepreneurs, ressentent l’envie d’évoluer et se demandent quel sera le prochain projet, la prochaine entreprise dans laquelle ils se lanceront. Le tout est de savoir aussi quelle sera l’ampleur de ce changement, et qu’est-ce que nous serons prêt à sacrifier pour cela. Ce changement se fera sans doute de façon différente pour chacun, mais ce qui est sûr, c’est qu’il faudra gérer ce changement, maîtriser cette transition.

Lancer un nouveau projet, et maximiser les chances de réussite implique de se poser quelques questions. Reid Hoffman, fondateur de LinkedIn, évoque dans son livre « The start up of you », trois facteurs clefs permettant de définir l’orientation d’un projet d’entreprise : vos aspirations, vos compétences, et le marché potentiel lié à l’activité que vous souhaitez lancer. Je ne m’étendrai pas sur les compétences et le marché. Il semble aller de soi que tout projet rentre souvent en concurrence avec d’autres projets similaires, et que le savoir-faire et les compétences seront des éléments de différenciation par rapport à cette concurrence, permettant de bien se positionner et de tendre vers la réussite. La présence d’un marché semble aussi toute évidente pour que votre projet puisse être pérenne, et donc vous faire vivre, si c’est du moins votre objectif. Je parle ici d’un projet à finalité commerciale et non expérimentale.

Venons-en à l’aspect des aspirations, car il me semble, et je m’en faisais encore la réflexion il y a peu, que l’aspiration est la chose la plus importante pour pouvoir réussir son projet.  En effet, trouver une nouvelle idée nécessite de se poser la question de savoir quel est notre objectif, et qu’est-ce que nous sommes prêts à assumer, quelles sont les contraintes auxquelles nous sommes prêts à nous imposer.  Cette question est, à mes yeux, fondamentale, car comme tout entrepreneur le sait, entreprendre est un mode de vie, et l’équation que représente l’entrepreneuriat contient un terme non négligeable qui est celui de notre vie privée.  Autrement dit, est-ce que mon projet d’entreprise sera en adéquation avec l’équilibre que je souhaite atteindre entre vie privée et vie professionnelle. Ce n’est pas pour rien que l’on dit souvent qu’entreprendre est un mode de vie, « a life style » comme disent les anglo-saxons.

Depuis que je suis indépendant, pas mal d’idées m’ont traversé la tête. Des idées pas toujours précises, mais guidée par certaines aspirations, par certaines valeurs. Que ce soit pour son propre développement, pour créer quelque chose qui puisse contribuer à changer le monde, ou pour créer de l’emploi, entreprendre est la plupart du temps un acte qui permet de mettre du sens à sa vie.  Mais un projet n’est pas l’autre. Le temps et l’énergie qu’il faudra consacrer à monter un projet sera proportionnel à l’ampleur de celui-ci, et j’ajouterais, inversement proportionnel aux moyens dont on dispose.  Créer une entreprise avec embauche de personnel n’est pas comparable avec une activité de consultant travaillant seul. De plus, ce que vous ne pourrez pas faire faire faute de moyens, vous devrez le faire vous-même, de quoi vous assurer des journées plus que remplies.  Mais voilà, comment trouver la bonne idée est une chose, et savoir si on a vraiment envie de la mettre en œuvre en est une autre.

Si j’évoque ce sujet, c’est parce que je voudrais partager une petite expérience vécue il y a peu. Rien de tel que de sortir de chez soi pour trouver une idée, mais aussi pour constater que parfois, une autre idée n’adhère plus à nos aspirations. Il y a peu, je passais un long week-end dans la ville lumière, Paris, occasion de me relaxer et retrouver des amis entrepreneurs.  L’occasion aussi de passer un moment ressourçant  en visitant entre autre, le musée d’Orsay, l’occasion de changer de rythme.  Ce fut aussi le moment de constater que des moments comme celui-là me sont utiles, permettent de prendre du recul par rapport aux choses. Des moments qui me permettent de mieux réattaquer par la suite, mais qui font prendre conscience que le temps passe vite, et que je loupe parfois des moments privilégiés. De là apparait tout un questionnement. Suis-je prêt à m’investir 18 heures par jour dans un nouveau projet, quitte à devoir sacrifier du temps libre, ou bien est-ce que je préfère un projet où je travaillerai dur, certes, mais qui me permettra de prendre des temps de poses, ce que je vis actuellement ? On touche là à la notion d’équilibre de vie, équilibre entre vie privée et vie professionnelle. Que suis-je prêt à sacrifier ? Y-a-t-il des choses dans ma vie privée qui me tiennent à cœur, qui sont sources d’équilibre, et qui font que je mets des limites au temps consacré à ma vie professionnelle ? Nous devons de temps à autre nous poser cette question, mais bien souvent, il faut sortir du quotidien pour pouvoir y répondre, pour savoir ce que l’on veut réellement.

Notre vie quotidienne nous amène à évoluer, à prendre de l’assurance, à pouvoir affronter de nouveaux défis, et donc accroître nos ambitions. C’est aussi faire face à de nouvelles contraintes qui ont un impact sur notre vie. Mais face à cela, certaines expériences, tant de la vie professionnelle que de la vie privée font que nous rééchelonnons notre système de valeur, que nous accordons plus d’importance à certaines choses et moins à d’autres. Ce que nous envisagions encore il y a quelques temps n’est peut-être plus d’actualité à l’heure qu’il est. Un projet ambitieux que nous projetions de faire ne s’inscrit plus dans nos priorités, et nous décidons de réduire la voilure, ou en tout cas de les réorienter face au vent de nos motivations. Le fait de se diriger vers un projet moins ambitieux ne signifie pas pour autant qu’il sera exempt de contraintes, et ne nous empêchera  pas de viser l’excellence. L’excellence est  aussi une source importante de satisfaction et d’épanouissement. Faire des choses de moindre ampleur, mais les faire avec talent.

Comme je l’écrivais en début d’article, l’entrepreneur a besoin d’évoluer.  La recherche d’une nouvelle idée passe un peu par la recherche de soi, par le besoin de rester passionné, de découvrir, de faire autre chose, fonction de ses aspirations, des motivations du moment, mais aussi une nécessité induite par le changement permanent de notre environnement. Ce n’est pas toujours l’ampleur du projet qui donne satisfaction, mais bien ce moment de rupture qui entraine un nouveau départ. L’entrepreneur n’est-il pas quelqu’un toujours  à la recherche de lui-même, et qui doit se retrouver dans chaque projet qu’il entreprend ?

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About Eric Saint-Guillain

After 18 years as employee as accountant and controller for international companies, I launched my own activity in 2007 as financial consultant and interim manager. I am also investing time in non-profit organization. I am always pleased to learn everyday.
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