Faire face au changement

Crossing out problems and writing solutions on a blackboard.Depuis quelques temps, j’ai pris pour habitude en commençant la journée de publier et partager sur les réseaux sociaux, une citation trouvée au fil de mes pérégrinations numériques. Ce petit rituel fait office de stimulant pour entamer une journée que l’on espère riche et instructive, pour autant que l’on se donne la peine d’adopter un bon état d’esprit.  L’autre jour, je lisais cette citation de John Fitzgerald Kennedy, que je trouvais particulièrement intéressante, citation que tout entrepreneur, ou personne à l’esprit entreprenant doit se remémorer de temps à autre. « Le changement est une loi de la vie. Et ceux qui regardent seulement le passé et le présent sont certains de manquer le futur ».  Cette citation est d’autant plus pertinente que le changement, est bel et bien une constante de notre monde, de notre vie, une constante, oserais-je dire, dont la variabilité devient de plus en plus rapide et parfois imprévisible.

L’entrepreneur, comme tout un chacun d’entre nous, est confronté au changement. Ce qui est vrai aujourd’hui ne sera plus vrai demain, et pour maximiser les chances d’évoluer à travers ce changement permanent, il y a lieu d’anticiper. Simple à énoncer, mais moins facile à faire, ce qui rend la chose d’autant plus passionnante.

Avec les progrès considérables de la recherche scientifique, de la recherche fondamentale et l’avènement des technologies, notre environnement évolue de plus en plus vite, et se complexifie. Le nombre d’acteurs toujours plus nombreux intensifie le jeu de la concurrence. Ainsi donc, comment pouvoir tirer son épingle du jeu et évoluer harmonieusement vers le succès dans cet environnement de plus en plus changeant ?

Le changement, c’est avant tout une question de perception, de prise de conscience que quelque chose change. Si nous plantons un petit arbre dans notre jardin, celui-ci grandira un peu chaque jour, sans que nous nous en apercevions. Ce n’est qu’à un moment donné, après un certain temps que nous nous apercevrons que celui-ci a bel et bien grandi, constat que nous ferions plus facilement, si nous regardions une photo de cet arbre prise le premier jour, et que nous visualisions la différence de taille de l’arbre avec celle qu’il avait au moment de la prise de la photo. Autrement dit, il y a à un moment donné une rupture, un changement soudain qu’il faut percevoir,  mais aussi analyser et comprendre l’évolution de cette tendance.

Cette perception est d’autant plus importante que l’évolution du changement est d’autant plus imprévisible elle-même.  Il y a peut-être encore vingt ans d’ici, l’économie semblait rythmée par des cycles plus ou moins réguliers, où croissance et récession se succédaient. Et lorsque les économistes se posaient la question de savoir quand notre économie ressortirait d’une phase de récession, ils avaient tendance à se référer aux observations du passé, et à établir des prévisions basées sur des extrapolations. Or, aujourd’hui, force est de constater que ces extrapolations ne tiennent plus forcément la route, tant est le fait que les paramètres qui les sous-tendent varient, et que les théories élaborées sur base des observations passées sont devenues obsolètes. Ceci mène pas mal d’observateurs à conclure qu’aujourd’hui, notre économie n’est pas en crise, mais est en pleine évolution, voir même en pleine révolution.

Et qu’en est-il de l’entrepreneur ? L’entrepreneur qui lance son projet le fait après avoir trouvé une idée qui lui semble répondre à un besoin, résoudre un problème auquel la société est confrontée. Ceci étant, il doit être conscient que les idées, comme beaucoup de choses d’ailleurs, n’ont qu’un temps, celles-ci ne sont pas éternelles.  La perception qu’il a de l’environnement et de son évolution sera d’autant plus importante pour assurer la pérennisation ou l’évolution de son projet. Une erreur à ne pas commettre, et j’en reviens à la citation de Kennedy, serait de se référer à son expérience passée, et d’extrapoler l’évolution de son propre parcours. Notre expérience du passé n’est utile que par  les compétences que nous avons acquises, et la capacité que nous avons développée à les transposer dans un nouveau contexte. Autrement dit, ne pas faire la même chose mais faire autre chose. On en vient là à évoquer la distinction entre innovation et créativité. Comme le définit Luc De Brabandere, l’innovation consiste à faire plus de quelque chose, à faire mieux quelque chose, tandis que la créativité consiste à vraiment faire quelque chose d’autre, quelque chose de nouveau. La créativité induit un changement de paradigme.  Les changements toujours plus rapides, font qu’ils ne se manifestent plus comme une évolution progressive, mais comme une succession de ruptures. C’est bien là un des gros challenges auquel l’entrepreneur, comme de chacun d’entre nous d’ailleurs, doit faire face.

Comment l’entrepreneur peut-il faire face à cette évolution, comment peut-il maximiser ses chances de succès ? On dit toujours que l’entrepreneur a toujours un projet d’avance. Oui, mais encore ? L’entrepreneur doit avoir un projet d’avance, mais pour savoir lequel, pour développer sa capacité à se représenter les choses autrement et saisir les enjeux potentiels du changement, il doit d’abord utiliser les outils que la nature a mis à sa disposition : ses yeux, ses oreilles et son cerveau !

Percevoir le changement, c’est d’abord être curieux, en s’informant à travers les différents canaux dont nous disposons. Le web est probablement le plus bel outil jamais inventé qui nous permet de trouver de l’information à profusion, information qu’il faut analyser, comprendre, afin d’en tirer des conclusions et développer de nouvelles idées. C’est aussi bâtir un réseau et être à l’écoute de celui-ci, pour s’informer de ce qui se passe sur le terrain, afin de cerner d’éventuelles opportunités, de voir des pistes qui se dessinent. Ensuite, c’est faire travailler son imagination. Cet exercice sera d’autant plus fructueux si l’on acquiert des compétences de façon permanente, mais aussi si l’on développe curiosité et intérêts pour diverses choses, qui seront des stimuli pour développer notre imagination. Car qui dit évolution de l’environnement dit aussi évolution des compétences et développement de l’esprit

Ceci étant, ces conditions sont nécessaires mais pas suffisantes. Elles peuvent maximiser les chances de succès, mais pas nécessairement les garantir. L’échec fait bien souvent partie de la vie de l’entrepreneur, mais cet échec sera quelque chose « d’utile », s’il en tire les enseignements et qu’il se remet en question. Un échec n’est jamais total ni définitif. Dans son livre « Anti-fragile », Nassim Nicolas Taleb considère l’environnement instable comme quelque chose qui nous renforce, nos échecs comme étant quelque chose qui nous permet d’avancer, pour autant que ceux-ci n’atteignent pas un niveau d’irréversibilité. L’échec ne signifie pas que l’entrepreneur doit repartir de zéro, il prend simplement un nouveau départ, plus riche de son expérience. L’échec  lui donnera l’opportunité de recommencer  plus intelligemment,  comme disait Henry Ford. Contrairement à ce que l’homme s’évertue à penser, le risque zéro n’existe pas. Le risque est toujours présent, et ce qui importe, c’est d’apprendre à  le prévoir et à le gérer, plutôt que d’essayer de le réduire à tout prix en se basant sur de mauvaises hypothèses, ce qui n’aurait que pour effet de nous faire perdre notre vigilance et nous confiner dans notre zone de confort.

Ceux qui regardent le passé et le présent risquent de manquer le futur, cela ne fait pas l’ombre d’un doute. Ce qui est essentiel, c’est d’avancer, d’imaginer ce que sera demain, et d’agir en conséquence. Notre vie est une succession d’essais, couronnés de succès ou d’échecs. La ligne du temps est irréversible et  il en va de même avec celle de l’évolution. La plus grande erreur est de vouloir voir le contraire et de rester sur place, voire de se diriger dans le sens opposé.

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About Eric Saint-Guillain

After 18 years as employee as accountant and controller for international companies, I launched my own activity in 2007 as financial consultant and interim manager. I am also investing time in non-profit organization. I am always pleased to learn everyday.
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