A quand une coupe du monde de l’entrepreneuriat ?

Le football et l'entreprise: une équipe, un objectif, une bonne dose de travail et de courage.

Le football et l’entreprise: une équipe, un objectif, une bonne dose de travail et de courage.

En ces temps de coupe du monde de football, personne n’aura manqué la ferveur autour du succès de notre équipe nationale, qui, c’est le cas de le dire, se démène comme de beaux diables. La qualification de la Belgique contre les Etats-Unis en huitième de finale a été une étape importante et remarquable, notre équipe nationale renouant avec sa gloire passée. Bien sûr, l’objectif idéal serait de gagner cette coupe du monde. Rêve impossible ?  Rien n’est impossible, mais il y a pas mal de chose à réunir pour atteindre cet objectif. Pas mal de choses auxquelles un entrepreneur doit penser aussi.

– Penser et voir grand. Le niveau des objectifs que l’on se fixe est fonction de nos ambitions, mais aussi des barrières mentales que l’on se crée parfois sans raison. Si certains ont pu réaliser de grandes choses, c’est parce que d’abord ils y croyaient, qu’ils ont vu que d’autres l’ont fait et que donc, c’était possible. Il faut cependant réunir les conditions nécessaires pour y arriver. Nos Diables Rouges peuvent très bien gagner cette coupe du monde pour autant qu’ils le décident et qu’ils aient réunis les conditions leur permettant de maximiser leurs chances de réussites.

– Etre passionné : La chance de pouvoir atteindre un objectif est liée au degré de passion que l’on a pour l’activité que l’on exerce et qui s’inscrit dans le cadre de cet objectif. Bien souvent, j’ai vu des projets fantastiques qui étaient le fruit du travail de gens passionnés plutôt qu’une question de budget disponible. L’argent n’est pas le seul critère de motivation, et certainement pas chez les entrepreneurs. Si c’était le cas, beaucoup d’entrepreneurs ne se lanceraient plus dans l’aventure.

– Développer une stratégie. Comme dans un match de football ou le jeu et la composition de l’équipe sera fonction du jeu et de la composition de l’équipe adverse, l’entrepreneur doit penser aussi en termes de stratégie pour développer son activité et atteindre ses objectifs. Quel est le marché que je cible, quels sont mes concurrents, comment puis-je me différencier de ceux-ci ? Toutes ces questions doivent être posées de manière à prendre le bon chemin pour atteindre un objectif fixé, mais pour comprendre aussi ce qui ne fonctionne pas lorsqu’on s’aperçoit que l’on s’écarte de cet objectif.

– Une solide dose de travail et d’efforts. Réaliser des performances de haut niveau et atteindre des résultats élevés nécessite une part importante de travail. Ne prêtez pas attention aux propos de ceux qui prétendent le contraire.  Le monde de l’entreprise, comme celui du football, est un monde de compétition où l’on ne se fait pas nécessairement de cadeaux. Les entreprises, si elles peuvent collaborer ensemble d’une part, se livrent aussi une compétition d’autre part. Se différencier des autres, apporter de la valeur ajoutée à ses clients, gérer tous les aspects liés à l’entreprise demande du temps, du travail et de l’énergie.  L’entrepreneuriat est un parcours qui est loin d’être tranquille. Mais chaque étape franchie et chaque difficulté vaincue donne l’énergie et la confiance en soi pour affronter les étapes suivantes.

– Vaincre la peur de l’échec. Certains hésitent à se lancer dans une aventure par crainte de l’échec. Cette crainte peut réduire vos chances de réussites à néants. Pour notre équipe nationale, la pression exercée par le public est d’autant plus énorme que l’enjeu est de taille. Mais il faut cependant considérer qu’un échec n’est jamais total. Comme nos Diables Rouges, l’entrepreneur franchit différentes étapes avec succès et  se retrouve soudain en situation d’échec. Plutôt que de voir le résultat final, c’est-à-dire l’échec, il convient de voir les différentes étapes franchies qui ont apporté quelque chose au niveau personnel, en termes d’expérience et de connaissance. Quant à l’échec, il faut l’accepter en tant que tel et en tirer les enseignements qui permettent d’anticiper lorsque des situations similaires se représentent. Il n’y a qu’en sortant de sa zone de confort que l’on puisse avancer. Oui, le sport de haut niveau comme le monde des affaires est tout, sauf confortable.

– Se remettre en question. Le succès a quelque chose de grisant, et chacun de nous a tendance à l’accepter en tant que tel, sans demander son reste. Mais cela ne signifie pas pour autant qu’il n’y ait pas de problème potentiel ou latent, qui puisse écourter ce succès. Dans un environnement en perpétuel mutation, certains paramètres changent. Il convient de percevoir ces changements à temps et de prendre les mesures appropriées pour s’adapter. Mais il n’est pas exclu que nous ne percevions pas ses changements, ou du moins le timing dans lequel ceux-ci se produiront. Tout entrepreneur connaitra une situation d’échec d’ampleur variable. L’échec ne sera valorisant que s’il est valorisé, c’est-à-dire qu’il soit accepté et qu’il induise un processus de questionnement et de remise en question.

Ernest Solvay, un des grands industriels que la Belgique a compté.

Ernest Solvay, un des grands industriels que la Belgique a compté.

Cette comparaison entre le monde du football, et celui de l’entreprise me fait penser à unechose : pourquoi ne pas envisager une coupe du monde de l’entrepreneuriat ? Cette question est posée bien sûr sous l’angle de la boutade, mais elle a pour but de mettre des choses en évidence. La Belgique est connue comme un des pays de l’Union européennes où le taux de création d’entreprises est en dessous de la moyenne. Comment expliquer ce phénomène ? Outre le manque de culture entrepreneurial, un contexte fiscal pas des plus avantageux, ne faut-il pas voir là aussi un manque d’estime de soi ? Le fait d’habiter un petit pays induirait-il le sentiment que nous sommes moins capables que d’autres ? C’est oublier les grands industriels tels Ernest Solvay, et autre John Cockerill qui ont fait de la Belgique un fleuron économique par le passé. C’est oublier aussi les caractéristiques de notre pays, comme le fait d’avoir plusieurs communautés et donc de parler plusieurs langues comme étant un atout considérable dans le monde actuel.

Bien sûr, le monde change, et l’économie ne fait pas exception à la règle. Le monde du travail change, et les valeurs changent aussi. Le manque de création d’entreprises est-il lié au fait que bon nombre de multinationales ont créé des emplois dans notre pays, et que l’on s’en est purement et simplement contenté ? Il ne faudrait pas commettre la même erreur commise par l’Irlande il y a quelques années, qui, se contentant de voir arriver des investisseurs étrangers, n’a absolument rien entrepris pour encourager le développement d’un tissu économique local. Elle en a payé le prix fort en matière économique et sociale, lorsque, quelques années plus tard, ces multinationales ont fermé leurs portes pour se relocaliser dans les pays de l’Est, à coût de main-d’œuvre meilleur marchée.  Les emplois créés par les multinationales ne sont pas des emplois acquis d’office, comme nous l’ont encore rappelé il y a peu Arcelor Mittal, Opel Anvers ou Ford Genk. Le rôle de l’entrepreneuriat et le développement de celui-ci seront déterminants pour le succès futur de notre économie, pour la création d’emplois et le maintien de notre système de protection sociale. Des statistiques européennes comme outre atlantique ont mis en évidence que ce sont les petites et moyennes entreprises qui sont les plus créatrices d’emplois. Vouloir espérer que des grosses entreprises reviennent s’implanter en Belgique en créant des milliers d’emplois semble illusoire. L’évolution des choses n’a qu’un sens d’une part, et d’autre part, certains emplois au sein des grosses entreprises n’ont pas nécessairement été délocalisés, mais ont tout simplement disparu.

Au vu de l’engouement que suscite la coupe du monde de football, du sentiment de fierté d’être belge, que suscite le succès déjà engrangé par nos Diables rouges, ne serait-il pas opportun de créer aussi un tel élan autour d’un projet de redéploiement économique local ? Nous sommes capables comme d’autres nations de créer de grandes choses, et certains le prouvent. La Belgique compte bel et bien des entreprises de pointe dans leurs secteurs respectifs, mais cela reste insuffisant. Créer une entreprise demande une bonne dose de courage, une prise de responsabilité, mais aussi d’être habité par une conviction profonde que l’on peut réussir. Le tout est de créer un climat propice, un courant porteur, et à manifester un réel intérêt pour l’entrepreneuriat, de créer et encourager ce sentiment d’estime de soi et de capacité à réussir. Il est essentiel que ceux qui entreprennent se sentent soutenus et considérés, comme tout un chacun, que l’on soit infirmière, instituteur ou fonctionnaire. Que chacun puisse être incité à repousser ses limites, ses objectifs, de manière à pouvoir tout simplement s’épanouir, à mener une vie qui est la sienne.  Ce sont les conditions nécessaires pour bâtir une économie, mais surtout pour bâtir une société. Ne l’oublions pas, comme au football, on remporte rarement des victoires seul, c’est avant tout un travail d’équipe, guidé par un esprit d’équipe. Il n’y a pas de succès personnel sans succès collectif. Il en va donc aux autorités publiques de créer ce cadre pour inciter à la création d’entreprise, et aux entrepreneurs à créer des entreprises au service de l’homme et de son épanouissement.

Pour en revenir à la question, pourquoi pas une coupe du monde de l’entrepreneuriat et une Belgique championne du monde ? Il faut pouvoir rêver et laisser rêver en se disant que tout rêve n’est pas impossible. Walt Disney ne disait pas autre chose : « Tous nos rêves peuvent devenir réalité si nous avons le courage de les poursuivre »

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About Eric Saint-Guillain

After 18 years as employee as accountant and controller for international companies, I launched my own activity in 2007 as financial consultant and interim manager. I am also investing time in non-profit organization. I am always pleased to learn everyday.
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