Investir dans la créativité, bien plus qu’une nécessité

Naissance de projets au BetaGroup

Naissance de projets au BetaGroup

Comme certains d’entre vous, j’assiste régulièrement à des événements dans le cadre de l’entrepreneuriat. Il y a peu, j’ai pu encore découvrir des projets présentés lors d’une session du BetaGroup. C’est l’occasion de pouvoir non seulement se changer les idées, mais aussi de s’enrichir de nouvelles idées, et de se maintenir dans ce mouvement perpétuel qui anime tout entrepreneur.

Si le fait de participer à ce type d’événement constitue une source de motivation et d’étonnement par le haut niveau de créativité de certains projets, il n’est pas exclus que l’on est parfois dubitatif quant la viabilité de certains de ceux-ci.  Cela signifie-t-il pour autant que ces projets  constituent une perte de temps pour ceux qui les réalisent et qui les voient échouer ?  Tirer une telle conclusion à ce sujet serait un peu hâtif.  Chacun aura une perception différente d’un projet donné, et donc n’aura pas le même avis sur la réussite de celui-ci où non.  Si quand bien même il est inéluctable que certains projets échouent, il n’en reste pas moins que ceux-ci ne sont pas dépourvus de valeur  pouvant produire des effets positifs futurs.  Si l’on regarde l’évolution du développement du chemin de fer, ou bien des télécommunications, on peut observer que bon nombre de sociétés qui se sont créées au moment de l’émergence de ces nouveaux marchés sont tombées en faillite. L’idée ou concept  que constituait l’activité de ces entreprises, leur a survécu. Elles n’ont pas pu mener leur activité à leur apogée, par manque de stratégie, de vision, ou par insuffisance de moyens financiers.

Une idée ou un concept n’est jamais perdu. Soit l’entrepreneur qui a échoué remettra son projet sur l’établi, tirera les enseignements de son échec et essayera de lui redonner vie, soit quelqu’un d’autre pourra mieux l’exploiter. On a souvent évoqué que Steve Jobs, fondateur d’Apple que l’on ne présente plus, n’était pas le concepteur de l’interface graphique, technologie développée par Xerox, mais qu’il en avait perçu tout le potentiel, et que cette perception a contribué au succès de la marque Apple en équipant ces ordinateurs de cette technologie.  Luc de Brabandere ne dit pas autre chose, en parlant de créativité. On remarque que certaines idées existaient déjà. Il y avait des projets de Paypal chez Mastercard, des projets d’Ipod chez Sony. Certains de ses projets ont réussi parce qu’il y avait une perception différente, une autre représentation de ces projets. Apple ne vend pas des ordinateurs, mais des machines permettant aux gens d’être créatifs. Autrement dit, l’accent est mis non pas sur ce que l’on fait, mais la raison pour laquelle on le fait.

Si l’on se place au niveau de l’investisseur, investir dans la créativité sera toujours intéressant, directement ou indirectement. Je parle bien sûr des vrais investisseurs, ceux qui sont prêts à risquer voir même perdre de l’argent, mais qui ont une vision de long terme sur le potentiel que peut dégager une nouvelle idée. Pas mal d’entrepreneurs confrontés à un problème de financement et devant donc lever des fonds, sont souvent confrontés à la frilosité  de certains investisseurs, plus préoccupés par le retour sur investissement à court terme, plutôt que par l’essence même du projet.  En revanche, de l’autre côté de l’Atlantique, certains investisseurs sont prêts à investir des sommes et à assumer la perte de leur investissement, du moins une partie de leur argent. C’est en cela que la gestion du risque a son importance. Mais en regardant un peu plus loin,  si un investisseur doit assumer une perte définitive suite à l’échec d’un projet, est-ce pour autant que cet argent a été investit en pure perte ? Pas nécessairement. Une entreprise peut très bien avoir développé une technologie innovante, mais elle n’a pu élaborer le bon business model, ou n’a pas adopté une bonne stratégie marketing. Pour peu qu’il y ait un repreneur qui parvienne à redévelopper un business autour de cette technologie, l’investisseur qui aura cru en ce projet en sortira gagnant. La prise de risque fait partie du métier de l’investisseur en capital risque, et il faut des investisseurs qui soient prêts à perdre de l’argent. L’argent qu’ils investissent sert à contracter des biens et des services, et de ce fait, l’argent circule, ce qui est une condition sine qua non pour faire tourner une économie. Globalement, l’investissement en recherche et développement permet de créer de nouvelles opportunités, mais il y a bien sûr toujours des gagnants et de perdants.

Un autre intérêt de soutenir l’innovation et la créativité, outre le fait de créer de nouvelles opportunités de marché, c’est la rencontre et la découverte de talents. La créativité, c’est avant tout une affaire d’hommes et de femmes, qui mobilisent leurs talents autours d’un projet collaboratif. Chaque projet dans lequel toute personne est impliquée, donne l’occasion de rencontrer des personnes, d’échanger des idées, des points de vue, mais aussi des compétences. Ce sont des opportunités qui permettent  à tout un chacun de découvrir des talents, qui pourront peut-être nous aider à mettre sur pieds, de futurs projets.  Pour avoir fréquenté des réunions d’entrepreneurs, il n’est pas rare de voir des gens ayant pris la peine de se connaître, et de créer ensemble un projet commun. Une des entreprises où j’ai travaillé par le passé, et qui tomba malheureusement en faillite, vendait un produit qui avait un beau potentiel. Quelques uns de mes collègues ont repris ce projet, et ont créé une entreprise rentable, performante et reconnue parmi les entreprises de ce segment d’activité.  Si mes anciens collègues ont eu à faire face comme moi à cet échec, leur travail ne fut pas pour autant inutile, puisque le produit qu’ils avaient créé permit de redémarrer une entreprise. Il n’y a pas de hasard, il n’y a que des rencontres comme dit l’expression bien connue.

Investir dans l’innovation et la créativité est une nécessité. Un processus dans lequel il y aura des gagnants et des perdants à court terme, mais les fruits de l’innovation offrent la possibilité à tout un chacun d’être gagnant à plus long terme.  N’oublions pas que le financement de la créativité, comme celui de la recherche fondamentale est indispensable pour le long terme. La recherche fondamentale a donné naissance à des découvertes, qui ont permis le développement de la recherche appliquée, et par la suite, à l’économie de se développer, de progresser, au travers de diverses applications basées sur ces découvertes. Ne pas financer la recherche et l’innovation aurait les mêmes effets pour l’économie que de ne plus irriguer un champ. Ce dernier ne produirait plus rien et les sources de revenus se tariraient rapidement.  Financer l’innovation n’est pas un investissement à fond perdu, pour autant que celle-ci contribue à bâtir un monde meilleur pour tous.

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About Eric Saint-Guillain

After 18 years as employee as accountant and controller for international companies, I launched my own activity in 2007 as financial consultant and interim manager. I am also investing time in non-profit organization. I am always pleased to learn everyday.
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