La faillite, comment l’éviter?

fallite 2Très régulièrement, on évoque dans la presse le nombre record de faillites enregistrées chaque mois. Si ce triste tableau reflète quelque part la mauvaise santé de l’économie, il faut toutefois analyser les causes de ces faillites, et celles-ci sont multiples. Mis à part les faillites à caractère frauduleux ou dues à de la négligence, on peut distinguer plusieurs types de faillites, mais ou bien sûr l’impact final sera toujours d’ordre financier.

Il faut distinguer d’abord les faillites liées à la nature de l’activité elle-même.

–          Un mauvais timing dans le lancement d’une activité : Il n’y a jamais de bon moment pour entreprendre. Entreprendre est un risque, que l’on évaluera le mieux possible, mais ,notre environnement économique étant plus instable qu’auparavant, les choses peuvent évoluer rapidement remettant en cause le plan d’affaire préalablement établi .Cet environnement rend toute  prédiction à long-terme plus difficile.  La  crise liée à la bulle internet au début des années 2000 a cassé pas mal de sociétés technologiques dans leur élan. Les crises créent des conditions de marché défavorables qui hypothèquent fortement le développement de votre activité.

–          Ne pas se réinventer à temps : Les cycles économiques et les cycles de produits sont de plus en plus courts. Si une idée rencontre le succès à un moment donné, le jeu de la concurrence fera que cette idée sera un moment donné obsolète. Ne jamais oublier que le succès est éphémère, ne pas s’endormir sur ses lauriers.  Un entrepreneur doit toujours avoir un projet d’avance.

–          L’entrepreneur  ne maitrise pas le business dans lequel il s’est lancé. Entreprendre, c’est avant tout une question dans un domaine de compétence donné. Plus on veut viser haut, plus il faudra offrir un produit ou service à haut potentiel et à forte valeur ajoutée. On ne maitrise que ce que l’on connait bien, parce qu’on a acquis la ou les compétences requises. Se lancer dans quelque chose que l’on ne connait pas relève de l’amateurisme, et bien souvent, le client s’en rend compte très vite.

–          Une mauvaise connaissance et définition de son marché.  Lorsque l’on veut vendre un produit ou un service, il faut d’abord savoir à qui on veut le vendre, autrement dit, savoir quel marché on vise, et si s’il y a un réel marché pour ce produit ou service ou non. On n’abordera pas de la même manière le marché des multinationales que celui des PME, ou des particuliers. Chaque marché a son mécanisme, ses caractéristiques, de même que son langage. Il faut présenter son produit en fonction de ces paramètres.  Ne pas définir sa cible a pour effet que l’on n’utilisera pas le bon discours ni la bonne stratégie pour vendre son produit.

–          Une mauvaise gestion de la relation client. Faire du business, c’est vendre un produit ou service, mais c’est aussi assurer un suivi et un service au client. La qualité du suivi client, et donc de la relation client est essentielle. Le client souhaite toujours en avoir pour son argent. Si le contrat n’est pas rempli à ce niveau-là, le verdict est sans appel.

Ce sont ici quelques causes liées au business qui auront des répercussions au niveau financier, mais il faut distinguer aussi des raisons d’ordre financier qui peuvent avoir raison d’une entreprise.

–          Mauvaise politique de financement: Un règle essentielle lorsque l’on démarre une entreprise, c’est d’évaluer correctement les sources et types de financement. Il faut distinguer les capitaux propres, les capitaux empruntés d’une part, et d’autre part, le financement de long terme et de court terme.  Un règle essentielle est qu’il faut financer les actifs de long terme, c’est-à-dire les investissements, avec des capitaux de long terme, que ce soit avec les capitaux propres de départ ou/ et avec des fonds empruntés. Pour les besoins à court terme, liés à l’activité journalière, il faut les financer avec les liquidités. On veillera toujours à ce qu’il y ait un équilibre entre les emplois et ressources de long terme et de cours terme. En clair, il s’agit d’avoir un fond de roulement suffisant qui permet de fonctionner au quotidien. Il est important de ne pas être sous-capitalisé. Avoir des fonds propres en suffisance évite d’être trop dépendant de l’endettement pour financer son activité.

–          Mauvaise gestion de risque au niveau client : Lorsque l’on acquiert des clients, il faut s’assurer d’une part de leur bonne santé financière, mais aussi veiller à ne pas être trop dépendant de ceux-ci en matière de chiffre d’affaire. Autrement dit, il est préférable d’avoir un chiffre d’affaire réparti sur beaucoup de clients, plutôt que sur quelques- uns. Si un client représente une part importante de celui-ci, la perte de celui-ci aura des conséquences non négligeables, voir même dommageables pour votre propre entreprise. C’est le cas par exemple dans le secteur de l’automobile où il n’est pas rare de voir des entreprises sous-traitantes, travailler pour le compte d’un seul constructeur. La délocalisation de ce dernier a pour effet d’entrainer la fermeture de ces sous-traitants.

–          Mauvaise gestion de la récupération des créances : Les retards de paiement client auront un effet sur la trésorerie. Il est impératif de rappeler ses clients à l’ordre. Si vous n’êtes pas pressé de réclamer votre argent, le client ne se pressera pas pour payer, d’autant plus s’il a des problèmes de trésorerie. Ce sera le premier fournisseur qui réclamera qui sera servi.

–          Absence de tableaux de bord de gestion : Si la comptabilité remplit une obligation légale, elle est également un outil de gestion. Elle rendra compte à un moment donné de la situation patrimoniale de l’entreprise, mais également des performances de l’activité. Une comptabilité tenue rigoureusement à jour vous permettra de savoir où vous en êtes. Ceci étant, la comptabilité ne fait que constater le passé, mais elle servira aussi de point de départ pour pouvoir effectuer des prévisions. Il est toujours intéressant aussi de faire un budget, même si celui-ci peut s’avérer rapidement obsolète. Il vous permettra toujours d’avoir un point de repère et d’attirer l’attention sur les écarts que vous constaterez par rapport à celui-ci. Cet outil vous permettra de voir ou vous en êtes, d’élaborer différents scénarios sur base d’une stratégie définie pour atteindre un objectif donné.  Autrement dit, avant d’investir, s’assurer que l’on en aura les moyens, et en cas d’évolution négative, pouvoir anticiper l’élaboration d’un plan alternatif.

La faillite est un événement désagréable que tout entrepreneur peut rencontrer, malgré toutes les précautions qu’il peut prendre. Pour peu qu’elle ne soit pas le fruit de négligence ou d’actes irresponsables, celle-ci ne doit pas être perçue négativement, mais bien comme un échec dont on peut tirer beaucoup d’enseignements.  Des enseignements qui permettront de mieux appréhender les risques potentiels liés à une activité, de mieux anticiper lorsque certains signaux négatifs apparaissent.

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About Eric Saint-Guillain

After 18 years as employee as accountant and controller for international companies, I launched my own activity in 2007 as financial consultant and interim manager. I am also investing time in non-profit organization. I am always pleased to learn everyday.
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