Portrait d’entrepreneur: Anathalie Mukundwa

Anathalie Mukundwa, entrepreneur et humaniste dans l’âme.

Lorsque l’idée de ce blog a germé, je pensais y intégrer une série de portrait d’entrepreneurs, afin de les faire connaître, mais aussi qu’ils nous fassent part de leur expérience, expériences très inspirantes dans bien des cas.

Le 1ier mai dernier, il y avait un an jour pour jour que je prenais le chemin d’Eghezée pour rencontrer Anathalie Mukundwa, femme entrepreneur. C’est tout naturellement que, ayant reçu son accord pour réaliser une interview,  j’ai repris le chemin d’Eghezée en cette date anniversaire pour qu’elle évoque sa vie d’entrepreneur. Malgré que nous nous connaissons depuis un an, ce fut à nouveau une occasion de découvrir et partager bien des choses à propos de sa personnalité.

Bonjour Anathalie, merci d’avoir accepté cette interview. Peux-tu te présenter ?

Je suis à la base informaticienne, plus précisément analyste programmeur multi systèmes, mais aussi entrepreneur dans l’âme. J’ai fondé ma société des services informatiques « Pactech », de même qu’un centre d’affaire, Accortise, qui est localisé dans l’ancien poste de gendarmerie d’Eghezée.  J’ai également la fibre humanitaire. J’ai fondé une asbl, Igitego Inyange, pour venir en aide aux personnes de mon village d’origine, situé au Rwanda.

Comment est venue l’idée d’entreprendre ? Était-ce prémédité ou est-ce venu un peu au gré des circonstances ?

Je pense que c’est lié à mon caractère, un caractère entreprenant, bien que je n’en avais pas réellement conscience. Déjà à l’école primaire, j’écrivais des notes au tableau à la place du professeur, je prenais des responsabilités dans les mouvements de jeunesse, j’étais déléguée de classe, présidente des établissements scolaires dans le mouvement des scouts et guides de Kigali. Donc, il y avait déjà en moi une espèce de mouvement perpétuel, d’action permanente. Ce n’est pas quelque chose que je recherchais, ou que j’ai cultivé.
Ceci étant, j’ai dû interrompre mes études universitaires au Rwanda suite à la guerre, et j’ai travaillé comme secrétaire comptable dans une petite entreprise, alors que j’avais un diplôme d’institutrice de l’enseignement primaire.  Quand je suis arrivée en Belgique, j’ai cherché à voir ce que je pouvais bien faire. L’idée de faire le stylisme, me traversait la tête, ainsi que plein d’autres choses. Je n’avais pas d’idée précise, et en même temps, plein de choses m’intéressaient. J’aime découvrir et je me rends compte que rien ne m’effraie.  Finalement, j’ai effectué un graduat en informatique et puis j’ai travaillé dans une PME, active dans le secteur des télécommunications. Je suis partie assez rapidement car j’avais le sentiment de faire du sur place, une certaine monotonie s’installait. J’ai continué à travailler comme employée sur plusieurs missions  pour le compte d’une société de consultance.  C’est là que j’ai pu apprécier la magie des rencontres. Un de mes patrons m’a suggéré de devenir consultante indépendante, il estimait que j’en avais la capacité et le potentiel.  Ce conseil a suscité un déclic, et j’ai donc pris la décision de me lancer. J’ai parallèlement à ça effectué une licence en informatique.

Est-ce que cette étape a eu un impact sur ta vie, sur le plan personnel ?

Je n’ai pas vraiment le sentiment que cela a changé quelque chose. Je n’ai pas l’impression de faire des efforts particuliers, parce que je réalise des choses pour lesquelles je me passionne, et qui me donne la force du travail.  Ceci étant, j’ai bien entendu du acquérir certaines connaissances, dont notamment la gestion financière pour assurer la pérennité de mon activité. Je n’ai peur de rien, mais je dois prendre conscience de certaines choses afin d’éviter les écueils.

Y a-t-il des choses que tu avais sous-estimées dans l’aventure de ta vie entrepreneuriale ?

Bien sûr. Lorsque l’on veut réaliser un projet, il faut penser à un maximum de choses, dont notamment le business plan, et ce afin de se donner toute les chances de réaliser son objectif. Mais il y a parfois des obstacles, des contraintes qui ne dépendent pas de vous, et qui peuvent survenir. Lorsque j’ai racheté le bâtiment de l’ancienne gendarmerie d’Eghezée pour y réaliser mon petit centre d’affaire, les problèmes avec l’administration communale ont commencé, notamment avec la délivrance des autorisations de rénover, des permis d’urbanisme. Ce cauchemar a duré deux ans, et a bien failli compromettre la réalisation de ce projet .J’ai été à deux doigts de la faillite. C’est parfois aussi cela la vie d’entrepreneur.

Ceci illustre bien le propos de Peter Drucker qui disait qu’ ” il n’y a pas « un » caractère d’entrepreneur , mais qu’il faut « du » caractère pour l’être”.

Exactement. Il faut pouvoir tenir tête, surtout à des contraintes que l’on vous impose et qui sont non fondées. Il faut pouvoir se faire respecter, et se résigner est probablement la pire des choses à faire. Ce n’est pas dans cet état d’esprit que l’on franchit les obstacles et que l’on arrive à atteindre son objectif. Bien sûr, il faut parfois emprunter d’autres voies pour y arriver. En fait, tout projet doit souvent être modifié, adapté pour qu’il soit pérenne, rentable.

Dans l’hypothèse d’un retour en arrière, referais-tu le même parcours ?

Oui, je n’ai aucun regret. De toute façon, la ligne du temps est irréversible. Lorsque j’observe le chemin parcouru, il y des choses qui ont bien fonctionné, et d’autres moins bien. Mais l’essentiel est d’apprendre de ses échecs, des difficultés que l’on a affronté.  C’est ce qui nous permet d’avancer, d’avoir  confiance en nous.

Il semble qu’il y ait une vague de jeunes et parfois moins jeunes qui se lance dans l’entrepreneuriat, dans l’élaboration de leur propre projet. Qu’est-ce que tu aurais envie de leur communiquer ? Que leur conseilles-tu ?

Il y a 3 choses que j’ai vraiment envie de leur dire.

-Bien se préparer, au niveau des études, de la formation, mais aussi au niveau de son réseau. Il est essentiel de bien s’entourer. Il est très important également de se fixer des objectifs de vie, car entreprendre est un mode de vie.

-Il faut travailler, afin de concrétiser ses rêves, affronter les réalités, se donner à fond et rester en accord avec les objectifs de vie que l’on s’est fixés.

-Avancer de façon permanente. Il faut évaluer, tirer des conclusions, ne pas rester immobile en ruminant ses échecs, se relever et continuer.

Liens : http://www.mukundwa.be/

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About Eric Saint-Guillain

After 18 years as employee as accountant and controller for international companies, I launched my own activity in 2007 as financial consultant and interim manager. I am also investing time in non-profit organization. I am always pleased to learn everyday.
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One Response to Portrait d’entrepreneur: Anathalie Mukundwa

  1. Anathalie says:

    MERCI beaucoup pour l’honneur et ces chouettes moments d’échange et des pas ensemble.
    C’est une belle démarche, en effet pour connaître quelqu’un il faut prendre le temps, discuter en face mais PRENDRE le temps comme tu as fait c’est rare et c’est très important.

    A mon tour de prendre le temps, c’est une des leçons de ces derniers jours, se rendre disponible en plus pour valoriser les autres, c’est très précieux.

    Voilà la leçon que tu me donnes !

    Je reprends cette belle citation : ” Il n’y a pas « un » caractère d’entrepreneur , mais qu’il faut « du » caractère pour l’être”. Peter Drucker

    Au plaisir de continuer à cheminer ensemble.

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