L’entrepreneur, un citoyen comme un autre.

John Crombez, secrétaire d'état à la Lutte contre la fraude fiscale et sociale.

John Crombez, secrétaire d’état à la Lutte contre la fraude fiscale et sociale.

Ces derniers temps, je m’interroge sur la volonté de promouvoir et soutenir l’entrepreneriat dans le chef du gouvernement belge. A entendre certains hommes politiques de tout partis confondus, il faut tout mettre en oeuvre pour encourager et promouvoir le développement d’entreprises et la création d’emplois. C’est ce que l’on évoque à chaque fois qu’une grosse société multinationale annonce un plan de licenciement, et que les tristes conséquences sociales et économiques nous ramènent à la dure réalité. Mais par moment, lorsque j’entends les mesures en matière de fraude fiscale prises par le gouvernement, et le caractère quelque peu stigmatisant que le secrétaire d’état John Crombez prête aux entreprises, j’ai plutôt l’impression que l’on soutient l’entrepreneuriat comme la corde soutient le pendu, j’ai plutôt le sentiment que l’on considère les entrepreneurs comme des criminels en puissance. Est-ce cela créer un climat propice à la création d’entreprises?

Soyons de bon compte. Des entrepreneurs qui fraudent, certes, il en existe. Mais il serait stupide de dire que tous les entrepreneurs sont des fraudeurs et deviennent entrepreneurs pour frauder, comme il est stupide de dire que tout les enseignants choisissent cette profession pour bénéficier de jours de congé. Un tel débat est selon moi totalement stérile, car il ne fait que mépriser une valeur qui doit être respectée et qui permet à chacun de se réaliser, c’est la valeur travail. Un entrepreneur n’est finalement qu’une personne comme une autre, qui choisit une activité, en fonction de ses objectifs, de ses aspirations et ses compétences.

Bien sûr, le contexte actuel dans lequel nous vivons est un contexte difficile, où trop de gens se trouvent sur le carreau, où d’autres travaillent pour des salaires leur permettant à peine de vivre. Mais ne nous trompons pas de cible. Le fait de créer sa propre entreprise est un droit légitime. Le développement d’une économie est essentiel pour le développement social, et de nombreuses statistiques montrent que ce sont les petites et moyennes entrepreprises qui sont créatrices d’emplois. La création d’entreprise doit être encouragée, mais il faut aussi faire prendre conscience à tout entrepreneur qu’il a une mission au sein de la société, celle de créer de la valeur économique, des emplois, et de par là-même, du pouvoir d’achat dont il bénéficiera aussi. Autrement dit, de créer une entreprise qui sera un succès collectif, où les gens se sentiront bien. Il n’y a pas de succès personnel sans succès collectif. En réunissant ces conditions, il contribuera à donner une bonne image de l’entrepreuriat. C’est ce dont le pays a besoin.

Nos économies sont en pleine mutation, et l’innovation reste un moteur essentiel pour le développement d’une économie locale et régionale. De nombreux observateurs prédisent que notre économie sera de plus en plus une économie de petites entreprises avec chacune un savoir-faire, et qui travailleront en réseau; une économie où il y aura moins de grosses entreprises opérant de façon pyramidale. Il serait donc totalement inepte d’étouffer tout esprit d’entreprendre avec des considérations stigmatisantes.

Quant en matière de fraude, il y a lieu de se concentrer là où il faut. Etant entrepreneur moi-même, j’ai fait l’objet de contrôles de la part de l’administration fiscale, qui a fait son travail dans les règles et à qui je n’ai rien à reprocher. Mais lorsque j’ai vu le résultat , à savoir un redressement d’une centaine d’euro, je doute que ce genre de contrôle rapporte de quoi équilibrer les finances de l’Etat.

Il est légitime que le gouvernement lutte contre la fraude, tant fiscale que sociale, mais ceci doit se faire de manière juste et objective. Cette lutte ne doit pas engendrer le dégoût d’entreprendre, la création d’entreprise en Belgique étant déjà inférieure à la moyenne européenne. Ceci nous rendrait d’autant plus dépendant des sociétés multinationales qui ont le pouvoir de délocaliser quand elles le décident, laissant derrière elles un désert économique, et donc social.

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About Eric Saint-Guillain

After 18 years as employee as accountant and controller for international companies, I launched my own activity in 2007 as financial consultant and interim manager. I am also investing time in non-profit organization. I am always pleased to learn everyday.
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